LIVRE X. — CORRESPONDANCE
« niillp hommes sous les armes. Ne réunissez à «Caltaro que le moins possible des 5” et 25' ré- « giments; mais placez-y les 8' et 18' d’infanterie «légère et le 11' de ligne, ce qui formera six « bataillons qui doivent faire cinq mille hommes,
« et, pour compléter six mille hommes, ajoutez-y « le ÜO' régiment. Laissez les lia taillons des 5' et 25' « à Stagno et à Raguse, d’où ils pourront se porter « sur Cattaro au premier événement. Après que les « grandes chaleurs seront passées et que le général « Marmont aura rassemblé tous ses moyens et orga- « nisé ses forces, avec douze mille hommes, il « tombera sur les Monténégrins pour leur rendre « les barbaries qu'ils ont faites. Il tâchera de pren- « dre l’évêque, et, en attendant, il dissimulera au- « tant qu’il pourra. Tant que ces brigands n’auront « pas reçu ' une bonne leçon, ils seront toujours « prêts à se déclarer contre nous. Le général Mar- « mont peut employer le général Molitor, le général « Giiillet et ses autres généraux à cette opération. « Il peut laisser pour la garde de la Dalmatie le 81'. « — Ainsi le général Marmont a sous ses ordres, en « troupes italiennes, deux bataillons de la garde, « un bataillon brescian et un autre bataillon qui y « sera envoyé, ce qui, avec les canonniers italiens, « ne fait pas loin de deux mille quatre cents bom- « mes. Il a, en troupes françaises, les 5', 25' et 79', « qui sont à Raguse, et qui forment, à ce qu’il pa-
7fi MÉMOlUES DU DUC DE DACUSE.
« raît, quatre mille cinq ceiiLs hommes; le Hl'et « les hApitauv et délachements de ces régiments, « qui doivent former un bon nombre de troupes. II « a enfin les N' et 18" d’infanterie légère, et les II' « et 00' de ligne. — Je pense qn'il faut que le gé- « lierai Marmont, après avoir bien vu Zara, doit « établir son qnai tier général à Spalatro, faire oc- « cuper la presqn'ile de Sabioncello,. et se mettre « en possession de tous les forts des bouches de Cat- « taro. Il doit dissimuler avec révèijue de .Monté- « négro; et, vers le l-*> on le 20 septembre, lorsque « la saison aura fraîchi, qu’il aura bien pris ses « précautions et endormi .ses ennemis, il réunira « douze a quinze mille hommes propres à la guerre « des montagnes, avec quelques pièces sur aifùts «de traîneaux, et écrasera les Monténégrins. — «L’article du traité relatif à Raguse dit que j’en « reconnais l’indépendance, mais non que je dois « l’évacuer. — Des quatre généraux de division «qu’a le général Marmont, il placera Lauriston à « Cattaro et Molitor à Raguse, et leur formera à « chacun une belle division. — Il tiendra une ré- « serve à Stagno , fera travailler aux retranche- « ments de la presqu’île et au fort qui doit défendre « Santa-Croce, ainsi qu’à la fortilication du Vieux- « Raguse et à des redoutes sur les hauteurs de Ra- « gusc. — Demandez les plans des ports et des pays « de Raguse. »
UVUK X. — COnRESrOÎSDANCE. 77
« Sa Majesté s’étant expliquée dans le plus grand détail, je me borne à vous recommander l’exécution de tous ses ordres, ci-dessus transcrits. »
LE GÊNÉIUL I.Al’HISTON A ÜIAnMOM.
a lï;nle tic Ca-lcliiovfl, 1) :itiûl IHOG.
« Je viens, mon cher Marmont, de parler à M. l’amiral Siniavin, et suis convenu avec lui de la manière dont se ferait la remise des places et forts des bouches de Callaro. Je n’ai pu arrêter le jour, parce que M. l’amiral ne peut rien décider sans le conseiller d’Ktat Saukowsky, qui est chargé de toute la partie civile. M. Saukowsky est incommodé à Cattaro; j’ai fait sentir à l’amiral que sa maladie ne devait retarder en rien l’exécution du traité de paix, et lui ai donné mon opinion sur la conduite à tenir avec les habitants, et les proclamations à faire. J’aurai demain à midi la réponse de M. Saukowsky; je déterminerai alors le jour, en laissant le temps aux troupes russes de s’embarquer, et aux vaisseaux de sortir du port après notre mise en possession des forts.
« Il faut, mon cher général, arriver ici tout de suite avec des forces suffisantes; les esprits sont agités, inquiets; les Russes mômes ont des craintes pour eux : avec des forces, on leur en imposera tout de suite. Je crois cependant que les Russes augmentent
78 MÉMOIBES DU DUC DE RACUSE.
beaucoup clans leurs récits, et veulent peut-être nous faire peur. Il ne faut pas compter trouver ici ni grains, ni bœufs, ni vin; il faut absolument tout apporter; les habitants craignent beaucoup que nous ne mettions des contributions. Cependant ils ne se refuseront pas à nous donner, en payant, ce qu’ils pourront avoir, et sans doute ils prendront, dès ce moment, la plus grande conliance.
« J’ai regardé en entrant la Punta d’Ostro, le Scoglio de l’autre exHé, et les côtes voisines. Les Russes ont fait à Porto Rose une batterie; ils ont travaillé à Casteliiovo et au fort Spagnola. Je crois que, dans le premier moment, il n’est pas très-nécessaire d’occupm- la Punta d’Ostro et le Scoglio; ils sont placés de manière que les Anglais ne pourront s’y établir, et qu’il y faut faire de bous ouvniges à cause de leur isolement. Mais la batterie de Porto-Rose, celles de Castelnovo, défendent le mouillage, et les chaloupes canonnières seront placées à merveille, sous la protection de Castelnovo et du fort Spagnola, dont les mortiers doivent bien battre la rade.
« Ce sont les premières observations que j’ai pu faire ce soir, je les rectifierai demain. Mais je crois toujours qu’il ne faut pas se presser d’occuper la Punta d’Ostro.
« J’ai rencontré M. de Plîpine; il m’a demandé CÆ qu’il avait à faire; je lui ai dit que je n’en savais