I.K ill.MSTUE DE LA GlEnnE A MAIl.MONT
« P.iris, le 7 mars H-08.
« Général, il a été rendu compte à Sa Majesté
MEM01I\ES nu DUC DE IIACl'SE.
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qiK*, d’aiirès les ordres que vous aviez donnés, le payeur de la guerre du royaume d’Italie, qui se trouve à l’armée que vous commandez, avait été contraint de prélever, sur les fonds qui lui avaient été faits pour les dépenses de la solde et des masses des troupes italiennes, une somme de quatre cent soixante-treize mille deux cent quatre-vingt-deux francs pour les dépenses de l’artillerie, du génie, des approvisionnements, et dépenses diverses.
« Sa Majesté m’a ordonné de faire connaître à Votre Excellence qu’elle désapprouvait les mesures que voius avez prises dans cette circonstance. Elle m’a chargé de vous prévenir que les fonds pour les travaux de l’artillerie, du génie, et pour les approvisionnements de siège ayant été déterminés par les décrets de S. A. 1. le prince vice-roi d’Italie, on ne pouvait, en aucune manière les outre- passer, avant d’avoir pris de nouveaux ordres.
« L’Empereur, qui porte un œil attentif sur toutes les dépenses de ses armées, a remarqué que celles de l’armée de Dalmatie étaient considérables, et que cette armée coûtait plus qu’une autre qui aurait le double de sa force.
« Sa Majesté veut que l’administration de l’armée que vous commandez, général, soit plus régulière, et qu’en aucune manière il ne soit fait de violation de caisse.
« En transmettant à Votre Excellence les ordres
UVnE XI. — CORBESPONDANHE. l(i.>
de l’Empereur, je la prie de vouloir bien prendre toutes les mesures nécessaires pour qu’ils reçoivent leur prompte et entière exécution.
« Je la prie aussi de m’accuser la réception de cette dépêche. »
KAPOI.KON A MARMOXT.
• l’iiris, le iîO ni.irs 1808.
« Monsieur le général Marmont, j’ai vu avec peine ce qui est arrivé à l’ile de Lurin-Grande le 24 février.- Je conviens que cette île est trop éloignée pour y mettre des Français. Mais pourquoi n’y mettriez-vous pas quatre-vingts ou cent Dalmates qui empêcheraient aux vaisseaux et frégates d’y débarquer et d’insulter les habitants? 11 faut que les Françxiis et les Italiens proprement dits soient toujours réunis, mais les Dalmates peuvent être disséminés dans les îles. Envoyez-y des fusils pour armer des gardes nationales qui seconderont les Dalmates, et deux pièces de canon de fer de six, ce qui sera un armement suffisant pour mettre cés îles à l’abri d’une insulte. »
LE PRINCE EUGÈNE A MARMONT
. • Milan, le 28 mar» 1808.
« Je vous adresse, monsieur le général Marmont, une lettre que j’ai reçue hier soir, qui m’a été en-
lüi MÉMOIRES DU DUC DE RAGUSE.
voyée pour vous. J’ai voulu vous l’adresser par une occasion sûre; j’ai voulu en proüler pour vous faire agréer mes. compliments sur la nomination que je présume qu’elle renferme, puisque les lettres que je reçois en même temps de Paris m’annoncent que Sa Majesté vous a nommé duc de Ragusc. J’espère que vous me connaissez assez pour être bien persuadé que, parmi tous les compliments que vous recevrez, aucuns ne seront plus sincères que les miens. »
M ARMONT A NAPOI.ÉON.
« Zara, 50 mars 1K08.
« Sire, j’ai reçu, il y a deux jours, une lettre du ministre de la guerre, qui m’exprime le méconteiilement de Votre Majesté sur diverses dispositions de fonds italiens et sur l’administration de l’armée deDalmatic. Comme l’objet de tous mes efforts est de remplir les intentions de Votre Majesté et de justifier ses bontés, je suis profondément affligé des reproches qui me sont faits.
« J’ai adressé au ministre un récit pur et simple de l’état des choses, et j’ose dire qu’il fait disparaître jusqu’aux prétextes de la plus légère accusation.
« Éloigné de Votre Majesté depuis près de trois ans, privé du bonheur de faire la guerre, loi'sque