LIVRE XI. — CnURE«POM)AXCE
« Je n’ai jamais eu ni traitement extraordinaire, ni fonds à ma disposition, et l’argent pour ces dépenses n’a pu être pris que purement et simplement dans la caisse de l’armée, au surplus, légilimement, puisque j’y étais autorisé par une lettre du prince de Neufchâtel dont j’ai eu l’honneur de vous envoyer copie.
« Il n’y a eu de violation de caisse, à l’armée de Dalmatie, qu’à la fin de l'été 1806; alors l’administration de l’armée de Dalmatie dépendait de celle d’Italie; on ne faisait aucune espèce de disposition de fonds, ce qui faisait manquer tous les services à la fois et qui jetait partout un désordre épouvantable.
« Depuis quinze ou seize mois que le ministre Dejean fait les fonds directement, tout marche avec ordre et régularité, parce qu’il prévoit tous nos besoins et qu’il y pourvoit.
M Je désire vivement que Sa Majesté se fasse rendre un compte détaillé de l’administration de l’armée de Dalmatie; j’ose croire qu’elle aura lieu d’en être satisfaite; et, si elle daigne remarquer que, par suite de cette bonne administration, elle n’a jamais eu plus de sept cents malades à la fois à l’hôpital, et que la mortalité a été presque nulle, quoique neuf mille hommes aient passé à l’hôpital pendant l’année, elle trouvera que les dispositions ont été bien ordonnées, que la surveillance a été
MÉMOinES DU DUC DE RAGÜSE.
Lüiistanle, et que nous avons fait la première de toutes les économies, celle des hommes.
« Au surplus, comme le premier but que je me propose, le plus ardent de tous mes désirs, est de suivre précisément les intentions de Sa Majesté, je vous supplie de me dire quelle conduite je dois tenir à l’avenir, loisque les ordres que je recevrai ne seront pas d’accord avec les moyens d’exécution. »
>\I’OU':ON A MAIIMONT.
c Uayonne, 8 mai 1808.
« Monsieur le général Marmont, la solde de l’armée de Dalmatie est arriérée parce que vous avez distrait quatre cent mille francs de la caisse du payeur pour d’autres dépenses. Cela ne peut marcher ainsi. Ce payeur a eu très-grand tort d’avoir obtempéré à vos ordres. Comme c’est le Trésor qui paye ces dépenses, ce service ne peut marcher avec cette irrégularité. Vous n’avez pas le droit, sous aucun prétexte, de forcer la cai.sse. Vous devez demander des crédits au ministre; s’il ne vous les accorde pas, vous ne devez pas faire ces dépenses. »