I.E PRINCE EUGÈNE A MARMONT
« Milan, le *27 janvier
« Je m’empresse de vous annoncer, monsieur le général Marmont, que les affaires d’Espagne sont terminées. Sa Majesté va se rendre bientêt à Pans, et sa garde, ainsi (ju’une partie de ses troupes, rétrogradent déjà en ce moment. Je vous envoie les derniers journaux et les bulletins.
190 MËMOiniiS DU DUC DK IIAUUSË.
« L’Empereur m’écrit de son quartier général de Valladülid, en date du 14 janvier, et me charge de vous envoyer les instructions suivantes : a La maison d’Autriche fait des mouvements. Le parti de l’impératrice parait vouloir la guerre; nous sommes toujours au mieux avec la Hussie, qui, probablement, ferait cause commune avec nous.
« Si les Autrichiens portaient des forces considérables entre l’Isonzo et la Dalmatie, l’intention de Sa Majesté est que son armée de Dalmatie soit disposée de la manière suivante :
« Le quartier général à Zara avec toute l’artillerie de campagne. Les 8' et 18* d’infanterie légère, les 5* et 11' de ligne pour la première division; les 23', 60', 79', 81' pour la deuxième division, formant, avec les escadrons de cavalerie, l’artillerie et les sapeurs, un total de dix-sept mille hommes.
O Les dispositions pour le reste de la Dalmatie et de l'Albanie seront les suivantes :
« Tous les hôpitaux, que l’armée peut avoir, concentrés à Zara. On laisserait à Cattaro deux officiere du génie, une escouade de quinze sapeurs, une compagnie d’artillerie italienne, une compagnie d’artillerie française, le premier bataillon du 5' léger italien, qui va être porté à huit cent quarante hommes par les renforts qu’on va lui envoyer par mer, et les chasseurs d’Orient, ce qui fait environ douze cents hommes. Un général de brigade com-
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mandera à Cattaro. Il devra former un bataillon de Bocquais des plus fidèles pour aider à la défense du pays.
« On laisserait à Ilaguse un général de brigade, une compagnie d’artillerie française, une compagnie d’artillerie italienne, un bataillon français, le quatrième bataillon du régiment dalmate, deux officiers de génie, et une escouade de quinze sapeurs, ce qui fera à Raguse un total de quatorze à quinze cents hommes.
« Il suffira de laisser à Castelnovo deux cents hommes pour la défense du fort. 11 faut s’occuper avec soin d’approvisionner ce fort, Cattaro et Raguse pour six ou huit mois de vivres. Il faudra y réunir également les poudres, boulets et munitions en quantité suffisante pour la défense de ces places pendant le môme temps.
« Avec le reste de votre armée, c’est-à-dire avec plus de seize mille hommes, vous prendrez position sur la frontière pour obliger les Autrichiens à vous opposer d’égales forces, et vous manœuvrerez de manière à opérer votre jonction avec l’armée d’Italie.
« En cas d’échec , vous vous retirerez sur le camp retranché de Zara, derrière lequel vous devez pouvoir tenir un an. Il faut donc, à cet effet, réunir dans cette place une quantité considérable de biscuit, farines, bois, etc., et la munir de poudres.
1!)i MÉMOIRES DU DUC DE RAUUSE.
boulets, et tout ce qui sera nécessaire à sa défense.
« Dans le cas contraire, c’est-à-dire dans celui de l’offensive, vous devriez laisser à Zara une compagnie de chacun de vos régiments, composée des hommes malingres et éclopés, mais commandés par de bons oflicici’s; vous laisseriez en outre un régiment pour la garnison de Zara, et, avec le reste, vous prendriez part aux opérations de la campagne. Dieu entendu que ce régiment assisterait aux batailles qui seraient données avant la jonction, laquelle une fois opérée, ce régiment rétrograderait pour venir assurer la défense de Zara et de la province.
« Vous laisseriez dès le commencement, à Zara, trois compagnies d’artillerie, un officier supérieur avec quatre officiers du génie, et une compagnie de sapeurs. L’oflicier général qui resterait en Dalmatic doit organiser, de son cété, un bataillon composé de gens du pays les plus fidèles. L’instruction à donner aux commandants de Zara, Cattaro et de Raguse doit être de défendre le pays autant que )K)ssible, mais de se restreindre à la défense des places du moment qu’il y aurait un débarquement et que l’ennemi se présenterait trop en forces. Si les bouches de Cattaro, Raguse et Zara étaient bloquées, ils devraient correspondre avec Ancône et Venise par mer, et ils pourraient être assurés qu’avant huit mois ils seraient dégagés. Il est donc in-