LIVRE XI. - CORRESPOND.XXCE. I'j
Autrichiens, à moins qu'ils n’aient devant vous un corps plus considérable que le vôtre. Tenez-rvous donc prêt au premier signal, et tenez-moi exactement informé de vos dispositions comme de tout ce qui se passe en face de vous. »
LE PRINCE EUGÈNE A MARMONT
« Tri'ïisc, le 18 avril ISO!»
« Vous avez sans doute reçu, monsieur le général Marmont, ma lettre du 10, par laquelle je vous prévenais des hostilités.
« L’armée d’Italie était sur les deux rives de l’Adige et peu de force dans le Frioul. J’ai été obligé de faire retirer le corps du Frioul et dë faire avancer des divisions pour soutenir le mouvement, qui a été fort bien jusqu’à Sacile, où J’avais la ligue de la Livensa. L’ennemi, étant très en force à Pordenone, et le général Chasteler, avec une armée, ayant pénétré dans le Tyrol et marchant sur Trente, j’ai été obligé de livrer bataille le 10 avril pour au moins l’arrêter sur ce point : le résultat n’a pas été à mon avantage. Je me suis replié en arrière de la Piave, sans cependant être inquiété par l’ennemi. Le temps affreux qu’il fait depuis quelques jours est ce qui me contrarie le plus. Je suis, la journée du 18, à Trévise, avec mes postes sur la Piave.
« Une partie de l’armée se porte dans le Tyrol, au-devant de l’ennemi.
lits MÉMOIRES DU DUC DE RAGUSE.
« J’ai cru devoir vous prévenir de ce qui se passe à l’armée d’Italie, pour votre direction. »
LE PllIKCE EUGÈNE A MARMONT.
c fj>ersdorf, A*' nui iH(W.
« Il est essentiel que vous m’écriviez tous les jours, afin que je sois exactement informé de tout ce qui se passe autour de vous. Vous recevrez successivement les troisième et quatrième bataillons des régiments qui composent votre armée; vous vous occuperez de leur amalgame au fur et à mesure de leur arrivée.
« Vous avez reçu, j’espère, tous les bulletins de la grande armée. L’Empereur, après avoir surmonté toutes les difficultés que les hautes eaux du Danube avaient fait naître, a enfin établi le grand pont. Tout fait présumer qu’il se passera bientôt des événements importants. L’armée d’Italie a, comme vous l’avez vu par l’ordre du jour de l’Empereur, heureusement établi sa jonction, et, à l’exception de deux divisions d’infanterie et une de cavalerie, qui sont à Gratz sous les ordres du général Macdonald, tout le reste est concentré à Neustadt. »
LE PRINCE EUGÈNE A MARMONT
< Vlcence, 3 mai 1809.
« Je vous ai fait connaître, ces jours derniers.