‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 4)Chapitre 132 sur 166 · I.E MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL MARMUNT · texte numérisé non relu

I.E MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL MARMUNT

1 Dresde, le 12 septembre 1813

« L’Empereur ordonne, monsieur le duc, que vous vous meniez en marche demain 15, à cinq heures du mutin, avec votre première division; vous vous ferez suivre par votre seconde division, qui partira à six heures, et par votre troisième division qui partira à sept heures du matin. Vous vous dirigerez sur (jrossmhayn, afin de chasser l'ennemi de la rive droite de l’Elbe entre Torgau et Dresde, et de favoriser un convoi de quinze mille (piinlaux de farine qui de Torgau doit venir à Dresde. L’arrivée de ce convoi est de la plus haute importance, puisqu’elle assurerait des subsistances pendant plusieurs mois sur notre point de réunion de Dresde.

« i>a .Majesté le roi de iNaples part demain avec le premier corps de cavalerie pour Grossenhayn; il prendra aussi sous ses ordres le cinquième corps de cavalerie qui s’y trouve, et, soutenu par votre corps, il manœuvrera de manière à rendre libre l’Elbe, afin que le convoi de quinze mille quintaux de farine puisse arriver à Dresde, et de manière aussi à éclairer toutee qu’ilya d’ennemis de ce côté.

« Le prince vice-connétable, major général,

(( Alexa.ndiie. »

, LIVIIK XVIII. - CORHE.SPONDANCE.

LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL MAKMONT

« Üresilc, le ii septembre 1M3.

« Monsieur le maréchal duc de llaguse, je mande au roi que, si le but de son expédition est rempli, c'est-à-dire si le convoi parti de Torgau le lô a passé les points dangereux, le roi partirait demain' au jour avec sa cavalerie pour se rendre à Dresde : il parait que l’enneini veut déboucher par Petepwald. Dans ce cas. l’intention de Sa Majesté serait que vous fissiez partir demain, deux heures avant le jour, la division de votre corps la plus rapprochée de Dresde, et que vous arrivassiez de votre personne avec cette division : le reste de votre corps d’armée suivrait. 11 serait alors important, monsieur le duc. que vous arrivassiez le plus tôt possible avec votre division, afin d’avoir l’œil sur tout. L’Empereur sera ce soir à Pirna. Le général Lhéritier s’échelonnerait de Grosserihayn sur Dresde pour protéger le passage du convoi de farine : l'arrivée de ce convoi est de la plus haute importance et la première considération. L’Empereur veut à son tour attaquer l’ennemi et vigoureusement. Je vous écrirai dans la nuit : envoyez-moi un officier.

« Le prince vice-connétable, major général,

« .\lexa.nore. »

ÔIti

NAPOLÉON Al’ MARÉCHAL MARMONT.

« llies'lfl, le 15 5C|)(eiiilire 1813, lieux heures du matin.

« Mon cousin, quinze à vingt mille hommes ont débouché hier par Peterswald, ce qui a obligé le comte (le Lobau à prendre la position de Gieshûbel ; mais, comme l’ennemi n’a point attaqué en même temps Borna, cela ne s’annonce point comme un mouvement d’armée. Il me tarde d’apprendre que le convoi de vivres est passé. Vous devez faire, ainsi que le roi de Naples, tout pour faire arriver ce convoi. Cela fait, il faudra vous tenir prêt à agir d’après les circonstances, et à revenir à Dresde si cela est nécessaire. Vous aurez, dans la journée, des nouvelles positives de ce qui se sera passé. Je compte me rendre près de l’irna, pour être plus rapproché de ce qui aura lieu de ce C(ité. J’espère que, si hier 14 vous n’avez pas eu de nouvelles du convoi, vous en aurez aujourd’hui 15. Si vous avez la nouvelle qu’il a passé, préparezvous à faire un mouvement; mais ne vous pressez pas de le faire jusqu’à ce que vous ayez les nouvelles de la journée.

« Napoléon. »

LIVKE XVIII. — CÜRRESPONDA.XCE.

LE MAJOR GÉNÉRAL AL- MARÉCHAL MaRMOAT

• Pinui» lu i6 sGpleinbrc 1815, neuf lieiii'ü'i du matin.

« L’Empereur a dtassé hier l’ennemi au delà de Peterswald, mais il occupe encore le col des hautes montagnes, entre Pete^vald et Nollendorf. Sa Majesté le fera attaquer aujourd'hui à midi pour le chasser et le rejeter entièrement au delà des montagnes.

« Sa -Majesté a appris avec plaisir la nouvelle du convoi; votre présence, monsieur le maréchal, ainsi que celle du roi, dans toutes ces directions, est utile, parce qu’elle menace Berlin; Sa Majesté suppose d’ailleurs que cela fait un moment de repos pour votre corps, comme pour la grosse cavalerie.

« Sa Majesté a déjà fait connaître qu’il fallait occuper Radebourg et Kônigsbruck. Elle suppose que cela est fait; elle suppose aussi qu’on se sera mis en correspondance avec le prince de la Moskowa en établissant un bateau à la hauteur de l’endroil où se trouve le roi.

« L’Empereur désire, monsieur le maréchal, que vous envoyiez un officier reconnaître le château d<* Meissen, le pont, la tête de pont; savoir si elle est armée et si tout est en bon état.

« Le prince vice-connétable, major-général,

« Alexandre. »

.NAIHJLIÎON AU MAKKaUL MAllMÜ.NT.

« Pima, le 30 septembre 1813, qualrr heures ilu malin.

(( Mon cousin, la journée d hier et cette nuit sont si horribles, qu’il n’y a pas moyen de bouger. — Le duc de Tarente a donné une fausse alarme. Vous devez rester, jusqu’à nouvel ordre, dans votre position;- il n’est pas probable que l’infanterie ennemie ose s’avancer. Si cela était, je viendrais vous renforcer et nous livrerions bataille, ce qui serait une chose bien avantageuse, mais qui parait opposée à leur système. La grande affaire de ce moment paraît être de conserver les armes et les cartouches le plus possible.

a iNapoléon. »

.NAPOLÉON AU MAllÉCIIAL MAHMONT.

« Hiirla, le ^ septembre 1815. une heore après midi.

« Mon cousin, l’ennemi a repassé en désordre la Sprée. Le duc de Tarente doit, dans ce moment, être entré à Bautzen. — Mon intention est de faire remplacer le général Normam par une colonne du corps du duc de Tarente dans la journée de demain et de vous donner ordre de vous replier demain sur Meissen. Aussitôt que le roi de Aaples sera revenu

Page 1