‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 4)Chapitre 137 sur 166 · LIVRE XVIII. — CORRESPÜMDANCE · texte numérisé non relu

LIVRE XVIII. — CORRESPÜMDANCE

au sixième corps d’armée et au premier corps de cavalerie, et que vous vous échelonniez sur Torgau. Il serait convenable de ne faire occuper le bord de la rivière que par des troupes légères et de prendre une route qui ne serait soumise ni en vue de la rive droite.

« Le cinquième corps de cavalerie devra s’approcher de Dresde de manière à garder les routes de Dresde, Radenbourg, Grossenhavn et Neissen dans la position la plus favorable. Grossenhayn se trouvant trop loin, il ne sera pas possible qu’on puisse garder cette place lorsque vous aurez quitté Meissen. Le quartier général du cinquième corps de cavalerie pourrait être placé à Moritzbourg.

« Gardez en force la tête de pont de Meissen; faites-moi connaître si tous les blockhaus qui ont été établis de Meissen à Torgau sont garnis de troupes, afin d’être assuré que la route soit gardée.

' « Si l’infanterie ennemie s’approchait trop de Meissen pendant que vous y serez, débouchez sur elle et donnez-lui une leçon. Le prince de la Moskowa a repoussé, le 24, l’ennemi entre Wittenberg et Torgau. Vous en aurez sûrement reçu des nouvelles. — L’Empereur en attend à chaque instant, et il est probable que, dans la journée, il vous enverra de nouveaux ordres pour prononcer votre mouvement sur Leipzig ou Torgau; ce ser^ sans

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doute sur Torgau. Faites eu sorte que votre première division prenne une direction intermédiaire et que l’ennemi ne puisse connaître définitivement telle que vous suivrez.

« Pour le prince vice-connétable, major-général, « Le général de division, chef de l’état-major, « Comte Monthion. »

NAPOLÉON Aü MARÉCHAL MARMONT.

« Dresde, le 27 septembre 1813. iiem heures du malin.

« Mon cousin, votre première division arrivera demain à Eilenbourg; votre seconde à Wurtzen, et votre troisième à Osdiatz. La cavalerie du général Latour-Maubourg sera sur Dahlen etSchilda. Votre quartier général sera demain à Wurtzen. Vous donnerez ordre qu’une brigade de grosse cavalerie reste à Meissen jusqu’à ce qu’elle y soit relevée par six cents hommes de cavalerie qui appartiennent au cinquième corps et qui sont aujourd'hui à Wilsdruf. — • Tenez votre quartier général toute la journée d’aujourd’hui à Meissen. — Vous formerez trois colonnes, chacune de trois à quatre cents hommes de cavalerie, un bataillon d'infanterie et six pièces d’artillerie à cheval. Vous aurez soin que ces colonnes soient bien commandées, et vous en enverrez une vis-à-vis Middberg, une sur Slrehla

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et la troisième entre Strehla et Meissen, sur les poijits où il y avait des bacs. Ces colonnes battront toute la rive et empêcheront tout passage; elles feront construire des blockhaus interinédiair&s entre ceu.\ qui existent déjà, de manière qu’au lieu qu’il y en ait toutes les deux lieues il y en ait de lieue en lieue; elles feront voir qu’elles ont de l’artillerie en la promenant le long de la rivière pour la montrer tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, et elles détruiront à coups de canon tous les bateaux de l’ennemi. — Vous formerez deux autres colonnes, chacune de trois à quatre cents hommes de cavalerie légère, cinq cents hommes d’infanterie et deux pièces d’artillerie. Vous les ferez commander par des officiers intelligents qui concerteront leurs mouvements avec le prince Poniatowski, le général Lefebvre-Desnouettes, le général l^rge et le duc de Padoue, pour courir après les partisans ennemis et faire en sorte qu’il n’y en ait aucun entre Leipzig et l’Elbe. — Faites une instruction pour toutes ces colonnes; elles ne doivent jamais passer la nuit dans le lieu où elles auraient vu coucher le soleil. Toutes ces colonnes doivent être très-actives, correspondre entre elles et purger entièrement le pays des partis ennemis. — Le prince Poniatowski est à‘Waldheim; sa cavalerie légère est à Colditz; elle se liera donc avec la vôtre. Le géné-

ral Lefebvre-Desnouelles est à Allenbourg, et le duc de Padoue a beaucoup de cavalerie à Leipzig. Mettez-vous èn correspondance avec lui. Le prince de la Moskowa est à Pretsch et à Kemberg. — Dans cette position, vous serez à portée de vous joindre au prince de la Moskowa pour couvrir Leipzig et couper à l’ennemi le chemin de l'Elbe, ou bien de prendre l’offensive par Wittenberg pour faire tomber tous les ponts de l’ennemi, ou enfin revenir sur Dresde, sur Chemnitz ou sur Altenbourg, pour s’opposer aux mouvements que l’ennemi pourrait faire de la Bohême. Le duc de Bellune est à Freyberg. — Il va vous arriver d'Erfurth trois mille hommes d’infanterie pour votre corps. — Je donne ordre au général Margaron de renvoyer au premier corps de cavalerie les mille hommes de ce corps qu’il a à Leipzig.

a Napoi.éon. »

LE MAJOU GfiXÉRAL AÜ MARÉCHAL MARAiONT.

c Dresde, le 28 septembre 1813.

« Monsieur le maréchal duc de Raguse, je vous préviens que, d’après les intentions de l’Empereur, je donne l’ordre au général Lhéritier de réunir tout le cinquième corps de cavalerie à Meissen et de rester dans cette place. Ce général formera deux

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colonnes, chacune de quatre à cinq cents chevaux, avec deux pièces d’artillerie. L’une sera chargée de la garde de l’Elbe depuis Meissen jusqu’à Riesa, et l’autre de Meissen à Dresde, et il se tiendra avec le reste de son corps à Meissen pour se porter partout où cela serait nécessaire. Par ce moyen, monsieur le duc, vous pourrez ne former que deux colonnes au lieu de trois pour garder la rive gauche de l’Elbe.

« L’Empereur ordonne, monsieur le maréchal, que vous laissiez une brigade d’infanterie, avec sa batterie, pour occuper Meissen jusqu’à ce qu’elle y soit remplacée par d’autres troupes; elle tiendra un bataillon dans la tête de pont. Le pont sera attaché aux piles du pont de pierre. Les canons du château et l’artillerie de la brigade seront mis en batterie sur la rive gauche pour protéger la tête de pont. S’il était à craindre que le pont fût rompu, il serait établi un bac pour la communication d’une rive à l’autre. Sa Majesté vous recommande, monsieur le duc, de laisser un bon général de brigade pour être chargé du commandement de la brigade que vous laisserez à Meissen jusqu’à ce qu’elle soit remplacée. Je vous prie de m’informer de l’exécution de ces dispositions.

<^c Pour le prince vice-connétable, major général, « Le général de division, chef d'état-major,

« Comte Monthion. »

ô:o mémoires du duc de raguse.

NArOLÉON AU MARÉCHAL MARMONT.

« DrcsJe, le 28 scplembrc 181?.

« Mon cousin, je vous suppose aujourd’hui à Wurtzen. L’ennemi, qui avait établi uii pont vis-à-

vis de l’Elster et qui avait une très-belle tète de pont, a reployé son pont, le général Bertrand l’ayant chassé de Wartenbourg. Ce général a démoli la tête de pont et s'est porté le 26 à l’appui du prince de la Moskowa, qui marcbait sur Dessau. — Le général Lefebvre-Uesnouettes était toujours à Altenbourg. 11 aurait marché sur Zwickau, mais les mouvements de Dessau l’empêchaient de s’éloigner de Leipzig. — I.e duc de Castiglione sera avec tout sou corps après-demain à léna.

« Napoléon. »

LE MARÉCHAL NEY AU MARÉCHAL MARMONT

« Schlecscn, le 28 septembre 1813, cinq heures du malin.

« Mon cher maréchal, j’ai poussé l’ennemi le 26 et le 27, jusque près de Dessau ; il a brûlé ses ponts sur la Mulde et passé l’Elbe. Je ferai, ce matin, la même opération qu’à Wartenbourg, resserrant l’ennemi dans sa tête de pont par les deux rives de la Mulde et la gauche de l’Elbe ; mais il est probable qu’il ne laissera personne sur cette rive et qu’il repliera son pont. On a distingué hier un grand mou-

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