LE MARÉCHAL MARHOM A NAPOLÉON
c 8 octobre 1813, soir.
« Sire, je reçois la lettre de reproches que Votre Majesté a chargé le major général de m’écrire. Nous serions restés sur la Mulde sans difficulté, et nous y serions encore, sans les étranges combinaisons du prince de la Moskowa, les craintes exagérées, plus étranges encore, qu’il a eues de l’ennemi.
« Je n’ai quitté Düben que vingt quatre heures après que les troupes qui étaient à ma hauteur s’étaient retirées. Je n’ai quitté llohen-Priegnitz que lorsque les troupes du prince de la Moskowa étaient depuis longtemps en marcliesur Wurtzen.
3r.6 MÉMOIRES DU DUC DE RAGUSE.
« Sentant la nécessité de couvrir I.eipzig, j’ai demandé avec instance au prince de la Moskowa de s’y rendre, et je serais resté à Eulenbourg pour garder les passages de la Mulde et rallier le troisième corps, quoique ce mouvement fût naturel au prince de la Moskowa, puisqu’il était plus à portée que moi; il s’y est refusé formellement et a persisté à se porter sur Wurtzen, trouvant apparemment qu’il n’était en sûreté que là.
« J’ai dû me porter sur Leipzig, parce que c’était le rôle qu'il m’avait assigné. Le prince de la Moskowa s’est chargé formellement de faire immédiatement un détour convenable pour rallier le général ÿoiiham à Wurtzen dans le cas où il aurait reçu l’ordre que je lui avais expédié, chose dont il était possible de douter.
«Enliu je n’aipoint détruit le pont d’Eulcnltourg, comme on l’a dit à Votre Majesté; mais je l’ai fait couper de manière à exiger cinq à six heures de réparation eu faisant le calcul que, si le général Souhaiu avait reçu l'ordre de mouvement, il serait garanti par là, pendant la matinée, de l’action des troupes qui m’avaient suivi et dont le nombre pouvait être fort augmenté pendant la nuit, et qu’ainsi il aurait sa retraite libre sur Wurtzen.
« Telles sont. Sire, les justilications que mon honneur exige que je présente à Votre Majesté,
I.IVKF, XVIII. - CORRESPONDANCE. 557 ef (jui, je l’espère, me mettront à l’ahri de tout blâme à ses yeux. »
LE NARÉCIIAI. NEY AU MABECHAL MARMONT.
< Bennewiu, le 8 octobre 1813.
« Je reçois la lettre que vous m’avez écrite de Schônfeld hier à onze heures du soir. Je ne crois pas l’ennemi en mesure de venir immédiatement à Leipzig pour y livrer bataille, et il est à présumer, d’après divers renseignements, que son projet est de prendre Wittenberg avant de se livrera aucune entreprise sérieuse. Au surplus, il me semble que vous auriez tort de vous engager fortement avant notre réunion totale, et qu’il est convenable d’attendre, pour opérer cette réunion, que nous sachions si l’Empereur veut manœuvrer eutre l’Elbe et la Muldc, ou entre la Mulde et la Saale. Quoi qu’il en soit, je prescris au général Régnier d’établir aujourd hui sa ligne de manière que sa droite soit à la hauteur de Gotha et sa gauche versTaucha, ayant un poste à Eulcnbourg.
« J’écris au général Souham que, s’il ne croit pas pouvoir se maintenir à Eiilenbourg, il remonte la Mulde pour venir s’établir à Nitzsclnvitz; il restera dans cette position jusqu’au retour sur la Muldc du général Bertrand, qui est allé à Torgau
tant pour y prendre des munitions que pour avoir des nouvelles de l’Empereur.
« Le général Dombrowsky est à Schmôllen, audessus de Wurtzen. Dans cette position, je puis en une marche me réunir à vous; mais je ne crois pas qu’il faille livrer bataille à Leipzig, et que, lorsque le convoi d’artillerie sera arrivé, il sera convenable qne nous nous rapprochions de la Muldé |K>ur y attendre les ordres de l’Empereur, que nous ne pouvons pas tarder à recevoir.
« Maréchal prince de la Moskowa. >>
« P. S. Le général Souham est arrivé à Wurtzen. »
LE MAJOR général AU MARÉCHAL MARMONT.
« Wurizen, le V) octobre 1813, une heui c et demie du malin.
« L’Empereur ordonne que vous fassiez partir à six heures du matin le général Latour-Maubourg, avec tout le premier corps do cavalerie; le général Lefebvre-Desnouettes avec toute la cavalerie de la garde; la brigade du général Piré et la brigade du général Vallin. Pendant la marche, le général Lefebvre sera sous les ordres du général La tour-Ma ii-
LIVRE XVIIl. - CORRESPONDANCE. 35!> bourg. Donnez vos ordres pour que ces corps arrivent le plus tôt possible à Eulenbourg, où l’Empereur se trouvera de sa personne. Il est nécessaire qu’ils y soient à onze heures du matin, et qu’ils battent le chemin direct de Dùben. Prescrivez au général Lefebvre et au général Latour-Maubourg d’envoyer chacun un officier auprès de l’Empereur pour faire connaître l’heure à laquelle ils arriveront. Cette cavalerie nettoiera ainsi tout le pays depuis la route de Leipzig à Eulenbourg jusqu’à celle de Leipzig à Dû ben.
« Quant à vous, monsieur le maréchal, portezvous aujourd’hui, avec Votre corps d’armée, sur lu route de Düben; vous aurez votre cavalerie légère et la division de cavalerie du général Lorge. Vous ferez éclairer par une colonne mobile la route de Leipzig à Delitzsch.
« Accélérez le retour de la division que vous avez détachée, et placez-ja en réserve. Cela n’empêche pas, monsieur le maréchal, que vous ne fassiez partir à six heures du matin une bonne avant-garde «l’infanterie, de cavalerie et d’artillerie, et «jue vous ne la suiviez avec vos deux divisions, attendu qu’il est nécessaire que vous soyez à la hauteur d’Eulenbourg aujourd’hui avant onze heures du matin.
« L’Empereur sera à huit heures «lir matin à Eu-
lenbourg, marchant, aujourd’hui 9, avec ceiil vingt mille hommes sur Dühcn.
« Pour le prince vice-connétable, major général, « Le général de division, chef de l’état-major, « Comte Mo.ntiiio.n. »
LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL MARMONT
c Eiilcnbours. le 10 octobre 1815, quatre heures du niulin.
« L’Empereur ordonne que vous vous portiez, aujourd’hui 10, sur Düben, où sera le quartier gé-néral. Je vous préviens que le général Régnier est arrivé hier à.Diiben, que le général Langeron a évacué à son approche. Vous devez, monsieur le duc, vous assurer du mouvement que fait l’ennemi à Delitzsch et si son avant-garde, qui y était hier, a fait un mouvement rétrograde sur Biltcrfeld. Si, au contraire, les troupes de l’ennemi qui étaient a Bitterfeld se portaient sur Delitzsch pour marcher sur Leipzig, vous prendrez alors une position parallèle à celle de l’ennemi, ayant votre ligne d’opération sur Düben, de manière à couvrir Düben et Eulenbourg. Il est nécessaire, monsieur le maréchal, que vous correspondiez plusieurs fois par jour avec le quartier général. Je donne ordre au général Lefebvre-Desnouettes de marcher entre la Mulde
LIVIIK XMII. — CkRRESPONDWCF.. '.(il
el vous aliii de iiiainlenir toujours votre communication avec nous.
• « Pour le prince vice-connétable, major général, O Le général de division, chef de l’état-major, « Comte Montiiio.n. »
LE MAJOU GÉNÉRAL AU MARÉCHAL MARMONT
c Dûben. le lOœlobre 18i3, six heure»
et demie du soir.
M J’envoie un officier au-devant de votre première division pour lui dire de prendre position sur la rive gauche, sans passer ce soir la rivière. Cet officier continuera ensuite sa route jusqu’à ce qu’il rencontre vos deux autres divisions, pour leur dire égale-
ment de prendre position où il les trouvera, afin qu’elles ne se fatiguent pas inutilement. 11 reviendra ensuite faire connaître où vos trois divisions auront pris position, ainsi que votre cavalerie et votre artillerie.
« L’intention de l’Empereur, monsieur le maréchal, est que, de votre personne, vous veniez voir Sa Majesté ce soir ou celte nuit.
« Pour le prince vice-connélahle, major général, « Le généi al de division, chef de l’état-major, « Comte Montiiio.x. »
l.K MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL MARMONT.
«DOben, le 11 octobre 181ô, quatre bctircf (lu matin.
« L’Kmpereur me charge de vous prescrire de passer aujourd'hui la Mulde aussitôt que Düben sera désencombré. Vous laisserez les généraux Lorge et Normara sur la rive gauche, et leur donnerez pour instruction de faire courir des partis sur Delitzsch et Bitterfeld. Vous dirigerez avec cette cavalerie, sur Bitierfeld, l’infanterie nécessaire pour obliger l’infanterie ennemie à évacuer cette position. L’Empereur désire, monsieur le duc, que vous dirigiez l’opération et que vous fassiez partir les troupes une heure avant le jour, de manière à savoir de bonne heure l’intention de l’ennemi sur Bitterfeld et .lesnitz.
« Pour le prince vice-connétable, major général, « Le général de division, chef de l’état-major, « Comte Montiiion. «
NAI'OLÉOX AU MARÉCHAL MARMONT
« nribcii, lé 11 octobre 1810, on.!«* heures du malin.
« Mon cousin, faitos-nioi connailro ce que veut dire le mouvement de l’enncini sur Zorbig. Est-ce
LIVHE xvm. — CORRESPONDANCE. 5fi5
pour aller à Dessau, ou pour se porter sur Halle ou sur Acken ?
rt N.apoléon. n
NAPOLÉON Ai; MARÉCHAL MARMONT.
« OÛben. le 11 octobre 1HI3. trois iieiires après
« Mon cousin, un postillon qui arrive de Cothen, et qui en est parti hier à trois heures après midi, fait le rapport que l’ennemi n’a plus personne à Ilaguhu, à Jesnitz, et fort peu de monde à Dessau. 11 est donc très-important que vous poussiez à fond vos reconnaissances, et que vous sachiez positivement ce qu’il y a à Zorhig et dans la direction de Côlhen et de Halle.
« Napoléon. »
NAPOLÉON AU MARÉCHAL M.VRMÜNT
<1 lifibcn, le 12 octobre 1813, qnilre heures du matin.
« Mon cousin, choisissez une position d’où vous puissiez couvrir à la fois Düben, Jesnitz et Leipzig. Vous pourriez peut-être vous couvrir de la branche de la Mulde qui passe à 'Delitzsch, si toutefois elle n’est pas guéable. Alors vous vous trouveriez en communication avec le duc de Reggio qui a une
.-Wii MÉMOIBES nu nue DE RAÜUSE.
avant-garde à Raguhn et à .lesnitz; vous couvririez [larfaitement Düben, dont vous pourriez vous placer à trois lieues, et vous seriez à portée de vous rendre, en une petite marche, sur Leipzig, et surtout de tomber sur le flanc du corps qui voudrait marcher de Halle sur cette ville. — Votre corps, baraqué ainsi dans une position avantageuse, serait d’un très-heureux résultat. Il ferait le prolongement de la ligne de Dessau, par Jesnitz, jusqu’à Borna où se trouve le roi de Naples. Vous couvrirez par ce moyen Eulenbourg, et le général I.efebvre-Desnouettes pourra se porter en avant pour éclairer votre gauche. — En cas de nécessité, la garde déboucherait sur vous par Düben et Eulenbourg. — Il faudra placer des avant-gardes de cavalerie, infanterie et artillerie sur les routes de Halle, Côthen et Leipzig. — Aussitôt que vous aurez choisi votre position et que votre corps sera en mouvement pour s’y rendre, vous vous mettrez en correspondance avec le duc de Padoue à Leipzig, avec lequel votre correspondance doit être trèssûre et très-rapide.
« Napolko.x. »
LIVHE XVIII. — COHRE.SPONDANCE.
NAPOLÉON AU MAUÉCllAL MARMONT.
c Düben, le 12 octobre 1815» oiue heures du soir.
« Mon cousin, je reçois votre lettre, que m’apporte l’officier d’ordonnance Gourgaud ; elle est datée d’aujourd'hui à neuf heures du soir. — Le prince de la Moskowa s’est emparé de Dessau; il a fuit deux mille cinq cents prisonniers, dont cinquante officiers. 11 me mande, à trois heures après midi, que le général Tauenzien a passé à Dessau les ponts pour aller du côté de Koslau, et qu’on voit sur la rive droite des colonnes immenses de bagages et de parcs qui remontent la rivière, et toutes les probabilités sont que l’armée de Berlin tout entière a passé sur la rive droite aux ponts de Dessau et d’Acken. — Le général Régnier, le général Dombrowski et le duc de Tarente avaient passé à Wittenberg sur la rive droite; à trois heures, nos avant-postes avaient passé Koswig. — A quatre heures, on a entendu une canonnade trèsvive qui a duré jusqu’à six heures. Je n'en connais point encore le résultat; c’était l’attaque du général Régnier et du général Dombrowski sur la rive droite à Roslau. — L’ennemi paraissait être dans une grande épouvante. — Le duc de Castiglione . était arrivé à Leipzig. Il avait eu, il y a trois jours, une affaire avec Thiclman et liiechtenstein; il a
MÉMOIRES ÜU DUC DE HAGUSE.
bailli coiiiplotemenl ce dernier, l’a mis en déroule el lui a fail douze cenls prisonniers. — Le roi de Naples occupe la position de Grosbern, où il me mande qu’il tiendra toute la journée de demain 15. — Mon intention est que vous vous mettiez en marche pour vous rapprocher de Leipzig, el que vous envoyiez demander des ordres au roi de Naples. Je compte donc que vous serez à sept ou huit heures du matin, comme vous le proposez, sur Ilohleim. — Je vous écrirai, du reste, de nouveau. — Votre arrivée au roi de Naples lui complétera quatre-vingt-dix mille hommes. — Si le général Régnier ne s’est pas emparé aujourd’hui de Roslau, cela me donnera le temps de m’en emparer demain, de bien battre l’armée de Berlin, et de terminer toutes ces aiïaires-là. — Je suppose que les reconnaissances que vous aurez envoyées sur la route de Halle vous auront enfin donné des nouvelles. Envoyez de fortes reconnaissances dans cette direction. — Marchez de manière à pouvoir surtout secourir Leipzig, et envoyez demander des ordres au roi pour entrer en bataille. Le moment décisif paraît être arrivé : il ne peut plus être question que de se bien battre. — Si vous en tendez le canon sur Leipzig, activez votre marche el prenez part à l’affaire.
c< Napoléon. »
l.IVliE XMII. - CORRESPONDANCE.
TST
NAPOl.ÉUN AC MAHÉUIAL MAIiMONT.
• Dülieii, lu 12 odubrc 1815, trois houiu»
et (iuniic aiirùs midi.
« .Mon cousin, je n’ai point reçu de nouvelles de vous aujourd’hui; j’espère ne pas larder à en recevoir. Je suppose que vous vous serez placé à quatre lieues de Leipzig. - Nous nous sommes emparés des ponts de l’ennemi sur l’Elbe, et il parait que l’armée de llerlin s’est portée sur la rive droite. — D’un autre côté, le roi de Naples occupe la position de Grosbern, qu’il a prise ce matin. Je lui mande de la conserver toute la journée de demain ir». — Mon intention est que, si ce prince doit pouvoir conserver celle position, vous partiez à trois heures du malin pour prendre une position sur la route de Dobern, ayant votre gauche à Tachau. — Je me mettrai en marche de Dühen, avec la vieille garde, pour vous rejoindre. La division Curial se mettra en marche d’Eulenbourg avec la division Lefebvre, de sorte que demain, vers midi, nous serons soixante-dix mille hommes réunis à portée de Leipzig. Toute mon armée se mettra en mouvement; et, dans la journée du 14, elle sera toute arrivée, et je pourrai livrer bataille à l’armée ennemie avec deux cent raille hommes. — Faitesmoi connaître les renseignements que vous auriez
568 MÉMOIRES Dü m’C DE RAGUSE.
(le votre côté sur l’armée de Silésie et sur les positions que l’on pourrait prendre contre cette armée, contre l’armée qui viendrait par Halle et par Dessau. — Faites-moi bien connaître la position que vous occuperez, et à quelle heure vous pourrez être rendu à portée de Leipzig.
« Napoléon^ »
NAPOLÉON AC MARÉCHAL MARMONT
« ÜüLen, le 13. octobre 1813, dix heures du matin.
« Mon cousin, je reçois votre lettre d’aujourd’hui 13, à trois du matin, par laquelle vous m’annoncez que vous serez à huit heures àllohleim. — Je pense qu’il est nécessaire que vous ne vous massiez en ligne sur la rive gauche de la Parlha qu’autant que le roi serait attaqué; mais ce serait une grande faute que de vous porter en ligne sur la rive gauche de la l’artha, puisqu’on peut avoir à craindre que Blüe.her ne vienne à déboucher par Halle ou par quelque autre point. Je pense donc que vous devez reconnaître la position de Brettenfeld et la ligne de la Partha jusqu’à Taucha, et avoir des avant-gardes sur Skindits ainsi que sur la route de Landsberg. Par ce moyen vous vous déploieriez promptement, la gauche à l’Elster et la
LIVBE XVIII. — CORRESPONDANCE. 369
droite à la Parlha, pour recevoir ce qui viendrait par ces chemins. Reconnaissez bien cette position. Ayez trois ponts sur la Partha, pour déboucher rapidement sur la rive gauche s’il en était besoin; mais tenez votre cavalerie dans les directions de Halle et de Landsberg. Battez les routes de Delitzsch et de Düben, alin de maintenir toutes ces communications parfaitement libres. — Toute ma garde arrive ici dans la journée, et je suppose que la tête arrivera aujourd'hui surLindenhain ou sur Hohleim.
— A mesure que les autres corps d’armée arrivevont, on les placera autour de Leipzig, la garde au centre en réserve. — Si vous étiez placé en ligne sur la gauche de la Partha, et qu’il fallût vous porter contre quelque chose qui viendrait du coté de Blücher, cela dérangerait toute la ligne et serait du plus mauvais effet. 11 est important que l’armée de Silésie n’approche pas à deux lieues de Leipzig.
— Vos trois divisions peuvent être très-espacécs, avec les bonnes troupes qui les composent. Le temps de reconnaître la position qu’elles occuperont donnera celui nécessaire pour se mettre à l’abri de toute attaque. Mon intention est que vous placiez vos troupes sur deux rangs an lien de trois. Le troisième rang ne sert à rien au feu, il sort encore moins à la baïonnette. Quand on sera en colonnes serrées par bataillon, trois divisions formeront six
r>70 MÉMOIRES DU DUC DE RAÜUSE.
rangs et trois rangs de serre-file. Vous verrez l’avanlage que cela aura. Votre feu sera meilleur; vos forces seront tiercéex. L’ennemi, accoutumé à nous savoir sur trois rangs, jugera nos bataillons plus forts d’un tiers. — Donnez les ordres les plus précis pour l’exécution de la présente disposition.
a Napoléox. »
le; major général au maréchal marmont.
f Düben, le 13 oclobre 1815, une lieui-r du malin.
« Monsieur le duc de Raguse, l’Empereur me charge de vous donner l’ordre d’être rendu aujmrd'Inn, 15, h xept heures du matin, à trois lieues de Leipzig, et de prendre les ordres du roi de Naples pour votre position, pour entrer en ligne. Ne perdez pas un instant pour exécuter l’ordre de Sa Majesté, et envoyez à l’avance un officier au roi de Naples pour lui faire connaître votre marche.
« l‘our le prince vice-connétable, major général, « Le général de division, chef de l’état-major, c< Comte Monthion. »