‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 4)Chapitre 57 sur 166 · LIVRE XVII · texte numérisé non relu

LIVRE XVII

sage et juste; peu de passions, mais une profonde raison et une ambition bornée. Les faveurs sont venues le chercher plus souvent qu’il n’a couru après elles. Naturellement réservé, son commerce était sûr, et jamais on n’eut à lui reprocher la plus légère indiscrétion. Étranger au sentiment de la haine, il n’a nui à personne; mais, au contraire, il a rendu une multitude de services à des personnes qui l’ont ignoré. Une réclamation juste et fondée l’a toujours trouvé bien disposé, et il faisait auprès de l’Empereur telle démarche qu’il croyait utile, sans jamais s’en faire de mérite auprès de celui qui en était l’objet. Simple, vrai, modeste, probe et désintéressé, son caractère froid l’aurait empêché de se dévouer pour un autre, de se cmnjtromelire pour le servir; mais, dans sa position, c’était déjà beaucoup que de rencontrer, si près du pouvoir suprême, un homme sans malveillance; car tout ce qu’on peut raisonnablement désirer et espérer, c’est d’y trouver, en outre de la justice, une bienveillance active quand elle est sans d:mger. Duroc était bon officier, et il a regretté d être éloigné du métier pour lequel il avait de l’attrait. Très-utile à l’Empereur, il lui a fait souvent des amis. Ses opinions, toujours sages, lui permettaient, en les exprimant, de s’élever avec une certaine indépendance, quoiqu’il craignît bcau-

ni MÉMOIItES Dl DUC DE lUGUSE.

coup .Napoléon. S'il eût vécu pendant l’armistice de 1815, peut-être aurait-il eu sur l’Empereur une iniluence utile et lui aurait-il fait sentir les inconvénients qui devaient résulter de la reprise des hostilités. Mais Napoléon, après l’avoir perdu, n’avait près de lui alors presque que des flatteurs; et de ceux-là seuls il aimait les conseils.

.le reviens aux événements militaires. Le 25, l'armée ennemie se retira sur deux colonnes. Celle de droite, commandée par Barclay de Tolly, sur la route de Buntzlau , et celle de gauche, sous les or- <lres de Wittgenstein, se dirigea sur Loubau. L’arrière-garde, commandée par Miloradowitch, brûla le pont de la Niesse à Gôrlitz, et détruisit tous les moyens de passage. L’empereur de Russie et le roi <le Prusse se rendirent à Lôwenberg. Le septième corps, commandé par le général Régnier, arriva devant Gôrlitz, et passa la Niesse de vive force. Le cinquième corps, qui le suivait, prit la direction de Buntzlau. Le quatrième vint à llemersdorf, en arrière du septième. Le onzième corps s’établit à Schiomberg. Le quartier général, la garde, les troisième et sixième corps restèrent à Gôrlitz.

Le 24, le quatrième corps se porta sur Loubau; au moment où il se disposait à attaquer cette ville, l'ennemi l’évacua et prit position derrière la Oneiss.

Le corps commandé par Miloradowilcli fut forcé à la retraite; mais le quatrième corps resta en position derrière Loubau, et le onzième corps vint l’v joindre. Le cinquième corps se porta à Siegei’sdorf. Les troisième et septième corps marchèrent dans la direction de Valdau. Le sixième suivit le mouvement de l’armée dans la direction de Biintzlau.

La colonne de droite de l’ennemi se retira sur Haynau; celle de gauche sur Goldsberg.

Le 25, le cinquième corps, après avoir rétabli les ponts sur le Bober, marcha sur Thomaswald. Les troisième et septième corps le remplacèrent à Buntzlau. Le deuxième vint à Vichrau sur la Queiss. Le quartier général vint à Buntzlau. Le quatrième corps se rendit à Loubau et à Gilesdorf.

Le 26, l’ennemi continua son mouvement sur Liegnitz. 11 préparait ainsi sa retraite dans la haute Silésie, en pivotant sur sa gauche qui resta en position. Le même jour, le quatrième corps passa le Bober à Rakwitz, et vint prendre position à Denlmansdorf. Le onzième corps vint à Lôwenberg. Le cinquième corps, qui marchait en tête de colonm» à la suite de la droite de l’ennemi, vint prendre position en avant de Haynau. La division Maison était d’avant-garde. Elle s’établit en avant d’un ravin, sans s’ètre fait suffisamment éclairer. Au moment où elle campait, elle fut attaquée à l’improviste par

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les I’i Mssi)Mis (jiii déhoiiclièreiil des bois. Surprise sans être on défense, elle fut culbutée el pour ainsi dire détruite. A peine deux cents homnies échappèrent-ils de cette édiaiiffoui ee, qui fit grand bruit et grand tort au général Maison. Cet officier général, se croyant déshonoré, voulut se brûler la cervelle. Le général de division Lagrange, son camarade de corps d’année, le calma et l’empècha d’exécuter la résolution (pie son désespoir lui avait inspirée.

Le troisième et le septième corps continuèrent leur mouvement à l’appui du cinquième corps dans la direction de Ilaynau et de Liegnitz. J’arrivai, ce jour-là, sur la Katzbacb dont l’ennemi occupait eu force la rive droite. Le 27, l’ennemi prépara un mouvement de concentration et de retraite sur la haute Silésie, en approchant sa droite du gros de ses forces, qui se retira à Merteskatz, à peu de distance de Jauer, et y prit position. Pendant ce temps, le se|)tiènie et le cinquième corps fram;ais arrivaient à Liegnitz, tandis que le quatrième prenait position sur la Katzbacb à llobendorf, et le onzième à Goldsberg. Le troisième corps était resté à Haynau. Ainsi toute l'armée était en ligne, prête à s’engager contre les forces concentrées de l’ennemi; mais, après cette concentration, l’ennemi continua son mouvement rétrograde en laissant de fortes arrière-gardes pour couvrir Breslau.

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