LIVRE XVII. - isir
clarant pour les alliés, .\lors ceux-ci devaient avoir en vue, comme complément de leurs combinaisons, (l’arriver à la conclusion d’un armistice. De son côté, Napoléon était décidé à y consentir par méfiance de l’Autriche, motivée sur la manœuvre des ennemis, annonçant de leur part une confiance qui cependant était loin d’être entière; mais il fallait alors, pour cette raison, vouloir faire la paix.
Cependant il a été démontré depuis que, dans cette circonstance, l’intérêt bien entendu de Napoléon aurait été de continuer la guerre. Son armée était plus nombreuse que celle de l’ennemi. Celle-ci, battim dans deux grands engagements, et après une retraite fort longue, éprouvait du découragement. Aucun renfort ne l’avait encore rejoint.
Quant à nous, nos corps, organisi's à la hâte, avaient beaucoup souffert des combats et des marches. 11 y avait fatigue et lassitude. Notre cavalerie, si peu nombreuse encore, n’avait aucune consistance. Un repos de deux mois devait rendre à nos troupes toute la valeur dont elles étaient susceptibles. D’ailleurs, d’immenses renforts étaieirt en marche de toutes parts piour nous rejoindre. Enfin nos jeunes soldats devaient profiter, dans des camps de repos, des soins qu’on donnerait à leur instruction. Toutes ces considérations firent pencher Napoléon en faveur d’un armistice quand les Russes
le lui lirent proposer. F.e général Schuwaloff, aide de camp de l’empereur de Russie, se présenta à nos avanl-postes pour le demander. Le duc de Vicence ayant été envoyé par Napoléon pour le recevoir, des conférences suivirent dans le château de Pleiswig entre les avant-postes des deux armées, et, en quarante-huit heures, tout fut convenu et signé.
Cet armistice devait durer jusqu’au 20 juillet et cesser six jours après avoir été dénoncé; plus tard, on le prolongea jusqu’au 10 août. La ligne de démarcation suivante fut convenue entre les deux armées : en Sil&ie, la ligne de l’armée combinée, partant de la Bohême, passait par Dittershach, Paffendorf et Landshut, suivait le Bober jusqu’à Budelstadt, et de là, passant par Boskenheim et Striegau, suivait la rivière de Striegau jusqu’à Kanth.
La ligne de l’armée française partait également des frontières de la Bohème, arrivait au Bober par Schreibersan et Rimnitz, suivait cette rivière jusqu’à Lahn, allait ensuite gagner à Neukwitz la Katzbach, qu’elle suivait jusqu’à l’Oder.
Le pays entre les deux lignes de démarcation était neutre depuis l’embouchure de la Katzbach. La ligne de démarcation suivait l'Oder jusqu’à la frontière de la Saxe, vers l’embouchure de la Sprée, de là arrivait à l'Elbe, non loin de l’embouchure de la Saale, en suivant les frontières de la Prusse, et