I.K MAJOR GÉNKRAI, \II M.VRÉCIIAI. MARMOXT
< Dresde, le 24 juillel 1813.
'< L’intention de l’Empereur, monsieur le maréchal, est que toute l’armée tire à la cible de la manière suivante : chaque compagnie tirera deux coups à la cible, et les quatre meilleurs tireurs de chaque salve, c’est-à-dire huit par compagnie, auront une gratification de 2 francs; les huit meilleurs tireurs de chaque compagnie se réuniront pour tirer à la cible par bataillon, ce qui fera quarante-huit tireurs par bataillon : les huit meilleurs tireurs auront chacun un prix de 4 francs. Les huit meilleurs tireurs de chaque bataillon se réuniront pour tirera la cible par division, ce qui, en supposant les divisions l’une dans l’autre à douze bataillons, fera quatre-vingtseize tireurs par division : les huit meilleurs tireurs auront chacun un prix de fi francs. Les huit tireurs
qui auront eu le prix de chaque division seront réunis pour tirer à la cible, ce qui, à raison de trois divisions par corps d’armée, fera les vingt-quatre tireurs, et les huit meilleurs tireurs du corps d’armée auront chacun un prix de 12 francs,
« Les 27-28 juillet, chaque compagnie tirera à la cible. Les 28-29, les huit meilleurs tireurs de chaque compagnie tireront à la cible du bataillon. Les 29-50, les huit meilleurs tireurs de chaque bataillon tireront à la cible de la division, et, le 1" août, les huit meilleurs tireur de chaque division tireront à la cible du corps d’armée.
« La dépense de cet exercice, qui aura lieu dans tous les corps d’armée, ne sera que de deux cartouches par homme; et, quant aux prix, la dépense peut être évaluée de la manière suivante :
« 1" Prix (le 2 francs, cible des compagnies.
« Huit prix de 2 francs coûteront IG francs par compagnie, ce qui fera pour un bataillon, à raison de six compagnies (IG X G), 9G francs; pour une division, à raison de douze bataillons (9G X 12), 1,152 francs; et pour un corps d’armée, à raison de trois divisions, 5,45G francs.
« 2° Prix de 4 francs, cible des bataillons.
« Huit prix de 4 francs coûteront 52 francs par bataillon; ce qui fera pour une division, à raison
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de douze bataillons (32 X l‘2), 384 francs; et pour un corps d’armée, à raison de trois divisions (384 X 3), 1,152 francs.
« 3° Prix de 6 frane<(, cible dex divisions.
« Huit prix de 6 francs coûteront 48 francs par division; ce qui fera par corps d’armée, à raison de trois divisions (48 X 3), 144 francs.
« 4° Prix de 12 francs, cible par corps d’armée.
« Huit prix de 12 francs coûteront par corps d’armée 96 francs; ainsi la dépease des prix sera, par corps d’armée, en supposant les proportions indiquées ci-dessus :
« Pour la cible des compagnies. .
3,456 francs.
« Pour la cible des bataillons. .
« Pour la cible des divisions. . .
« Pour la cible du corps d’armée.
« Total. . .
4,848 francs.
« Les militaires qui obtiendront les prix du corps d’armée à 12 francs auront nécessairement obtenu celui de la division, celui du bataillon et celui de la compagnie, ce qui leur fera un prix total de 24 francs.
« Donnez vos ordres, monsieur le aiaréchal, pour l’exécution de ces dispositions dans votre corps d’armée; prescrivez tout ce (jui sera néces-
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saire pour faire <ie ces exercices aulanl de petites fêtes. La musique devra accompagner ceux qui auront remporté les prix. Le but de l’Empereur <‘st : 1° d’apprendre aux troupes à tirer; 2° de répandre la gaieté dans les camps. Faites donc tout ce qui vous sera possible pour obtenir ces deux résultats.
« Le prince vice-connétable, major général,
« Alexandre. »
XArOl.ÉOX AU MAnÉCIIAL MARMOXT.
« Orcsdc, le iO août 1815.
« Mou cousin, je vous prie de me faire connaître où en est rarmement de buntzlau et la manutention. Je suppose que les magasins sont intacts. 11 serait bien nécessaire d’y faire rentrer une vingtaine de milliers de foin et de paille.
« Napoi.éon. »
NArOI.ÉON Al! MARÉCHAL MARMONT.
c Drexir, le 1‘2 août ISIS.
« Mon cousin, l’Autriche nous a déclaré la guerre; l’armistice est dénoncé; les hostilités re- (ommenceront le 17. Voici le plan d’opérations qu’il est possible que j’adopte, mais auquel je me
LIVBE XVII. — COnUESPOXn.VNCE. lüà
■«léciderai définitivement avant minuit; — concentrer toute mon armée sur Gôrlitz et Bautzen, et dans le camp de Kœnigstein et à Dresde. — Si des fortifications ont été faites à Liegnitz et à Buntzlau, les détruire. — Envoyer le duc de Beggio avec les douzième, quatrième et septième corps sur Berlin, dans le temps que le général Girard débouchera avec dix mille hommes par Magdebourg, et le prince d’Eckmühl avec quarante mille hommes par Hambourg. — Indépendamment de ces cent dix mille hommes qui marcheront sur Berlin, et de là sur Stettin, j’aurai sur la ligne, savoir : les deuxième, troisième, cinquième, sixième, onzième, quatorzième et premier corps, de cavalerie; le deuxième, le quatrième, le cinquième et la garde; cela fera près de trois cent mille hommes. — Avec ces trois cent mille hommes, je prendrai une position entre Gôrlitz et Bautzen, de manière à ne pas pouvoir être coupé de l’Elhe, à me tenir maître du cours du fleuve et àm’approvisionner par Dresde, à voir ce que veulent faire les Autrichiens et les Busses, et à profiter des circonstances. — Je préférerais rester à Liegnitz, mais de Liegnitz à Dresde il y a quarante-huit lieues, c’est-à-dire huit marches, et en longeant toujoui's la Bohème, et il n’y en aurait que trente-six de Buntzlau et vingt-quatre de Gorlitz. Si je prenais une position intermédiaire en-
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trc Gürlilz et Baiilzen, il n’y en aurait que dixhuit. — Ce pays se trouverai! alors plein de troupes, et nous serions, pour ainsi dire, entassés; nous n’aurions pas de peine à vivre un mois. Pendant ce (emps-là ma gauche entrerait à Berlin, éparpillerait tout ce qui se trouve là; et, si les Autrichiens et les Busses livraient Bataille, nous les écraserions. Si nous |)crdions la Bataille, nous serions plus près de l’Elbe; enfin nous serions plus en mesure de profiter de leurs sottises. — Je ne vois guère qu’on puisse hésiter sur Biegnitz. 11 n'en est pas de même de Buntzlaii, Je ne me dissimule pas que celte position a l’avantage de me tenir dans le cas d’etii|)ècher l’ennemi de passer entre l'Oder et moi; au lieu qu’entre Baiitzen et Corlitz, l’ennemi, passant par Buntzlau, peut se porter sur Gorlitz. — Le quartier général de l’armée autrichienne se réunit à Ilii’schBerg. Il parait que les Autrichiens veulent opérer par Zitlau. — Faitesmoi connaitre ce que vous pensez de tout cela. Je suppose que tout doit finir par une grande Bataille, et je pense qu’il est plus avantageux de la livrer près de Bautzen, à deux ou trois marches de l’ElBe, jusqu’à cinq ou six marches; mes communications sont moins exposées; je pourrai me nourrir plus facilement, d’autant plus que, pendant ce temps, ma gauche occupera Berlin et Balayera tout le Bas
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Elbe, opération qui n’est point liasardeusc, puisque mes troupes ont Magdebourg et Wittenberg, à tout événement, pour retraite. J’éprouve bien quelques regrets d’abandonner Liegnitz; mais, en l’occupant, il serait diflieilc de réunir toutes mes troupesj il faudrait les diviser en deux armées, et ce serait une fâcheuse position que celle qui nous ferait longer la Bohême sur un espace de trente lieues, d’où l'ennemi pourrait déboucher partout et se trouverait dans une'position naturelle. — 11 me semble que la campagne actuelle ne peut nous conduire à aucun bon résultat, sans qu’au préalable il y ait une grande bataille. — Il n’est pas besoin de dire que, tout en s’échelonnant, il sera indispensable de menacer de prendre l’offensive, en se contentant d’avoir sur l’ennemi le pays de neutralité et une ou deux lieues en avant. — L’Au- Iriche ayant une armée contre la Bavière et une contre l’Italie, je ne suppose pas qu’elle puisse avoir contre moi plus de cent mille hommes sous les armes. Je suis plus loin de croire que les Prussiens et les Russes réunis puissent en avoir deux cent mille, en ne comptant pas ce qu’ils ont à Berlin et dans cette direction. Toutefois il me semble que, pour avoir une affaire décisive et brillante, il y a plus de chances favorables à se tenir dans une position pins resserrée et à voir venir l’ennemi. —
MtMOIItES DU DUC DE RAGUSE.
Je compte porter, le 14, mon quartier général » Bantzen. Évacuez à force vos malades. — Envoyez un aide de camp au duc de Tarente afin d'être prévenu (le ce que rennemi fait sur son extrême droite.
NAl-OU':ON AU M.\I[KCII\1, MARMOXT
« Dr«*S'lo, le 1." rmftl 18lâ, soir
« Mon cousin, voici le parti que j’ai pris. Si vousavez quelques observations h me faire, je vous prie de me les faire librement. — Le duc de Reggio, avec les septième, quatrième et douzième corps et le troisième corps déco valerie, marchera surBerlindansle temps que le général Girard, avec douze mille hommes, débouchera par Magdebourg, et que le priiiced'Eckmühl, avec vingt-cinq mille Français et quinz(‘ mille Danois, débouchera par Hambourg. Il est actuellement à trois lieues en avant de Hambourg, qui est devenu une place de première force; cent pièces de canon y sont sur les remparts, et les maisons qui gênaient la défense sont abattues, les fossés pleins d’eau. Le général Hoyendorp y commande une garnison de dix mille hommes. — J’ai donné ordre au duc de Reggio de se porter sur Berlin, en même temps que le prince d’Eckinühl
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culbutera ce qu’il a devant lui, si l’ennemi lui est inférieur, et du moins le poussera vivement quand il effectuera sa retraite. J’ai donc cent vingt mille hommes qui marchent dans différentes directions sur Berlin. — De ce côté-ci, Dresde est fortifié, et dans une position telle, qu’il peut se défendre huit joure, môme les faubourgs. Je le fais couvrir par le quatorzième corps, que commande le maréchal Saint-Cyr; il a son quartier général à Pirna; il occupe les ponts de Kœnigstein qui, protégés par la forteresse, sont dans une position inexpugnable. Ces ponts ont un beau débouché sur Bautzen. La même division, qui fournit des bataillons à Kœnigstein, occupe Neustadt avec la cavalerie. Deux divisions campent dans une très-belle position à Gieshubel, à cheval sur les deux routes de Prague à Dresde. Le généraJ Pajol, avec une division de cavalerie, est sur la route de Leipzig à Carlsbad, éclairant les déhouchés jusqu’à Hof. — Le général Durosnel esl dans Dresde, avec huit bataillons et cent pièces de canon sur les remparts et dans les redoutes. — Le premier corps du général Yandammc et le cinquième corps de cavalerie seront à Bautzen. — J<v porte mon quartier général à Gôrlitz. — J’y serai le 16. — J’y réunirai les cinq divisions d’infanterie et les trois divisions de cavalerie, et l’artillerie de là garde ainsi que le deuxième corps y seront
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placés enli'c (itirUlz et Ziltau, et entre le deuxième corps et la Bolièine sera l’avant-garde formée par le luiitième corps (Polonais). — Vous êtes à Bnntzlau; — le duc de Tarenteà Lowenberg; — le général Fiauriston à Grnnebcrg; — le prince de la Moskowa dans une position intermédiaire, entre Haynau et Liegnitz, avec le deuxième corps de cavalerie. — Cependant l’armée autrichienne, si elle prend l’offensive, ne peut la prendre que de trois manières : 1" en débouchant avec la grande armée, que j’estime forte de cent mille hommes, par Petei’swald, sur Dresde. Elle rencontrera les fortes positions qu’occupe le maréchal Saint-Cyr, qui, poussé par des forces aussi considérables, se retirerait dans le camp retranché de Dresde. En un jour et demi le premier corps arriverait à Dresde, et dès lors soixante mille hommes se trouveraient dans le camp retranché à Dresde. J’aurais été prévenu, et en quatre jours de marche je pourrais m’y porter moi-même, de Gorlitz, avec la garde et le deuxième coi ps. — D’ailleurs Dresde, comme je viens.de le dire, abandonné à lui-même, quand même il ne serait pas secouru du maréchal Saint- Cyr, est dans le cas de se défendre huit jours. — Le deuxième débouché par où les .Vutrichiens pourraient prendre l’offensive, c’est celui deZitlau; ils y rencontreront le prince Poniatowski, la garde, qui