LIVRE XVII. — CORIIE.Sl'OiMDANOE. 'iOT
ôlre amènerait la séparation de l’Ânlrichc; alors la Prusse serait à votre merci.
«Je n’ai pas vu les travaux de Dresde; mais, d’après ce qui m’en a été dit, je crains que Votre Majesté ne se fasse illusion sur leur force réelle et leurs moyens de résistance absolue, et c'est un point capital dans vos combinaisons. Dans le choix de différents partis à prendre, j’aimerais mieux attendre l’approche de l’ennemi pour lui livrer bataille, et, après l’avoir écrasé, combiner une offensive suivant les circonstances; et remarquez bien que, suivant cette hypothèse, les mouvements de l’armée ennemie ne peuvent pas être combinés avec autant de |)récision que ceux de l’armée française, parce que celle-ci est placée au centre, dans un pays ouvert, tandis que les différentes parties de l’autre occupent un arc de cercle d’un grand développement, et sont séparées par des montagnes.
« Enfin, je le répète, Sire, par la division de ses forces, par la création de trois armées distinctes et séparées par de grandes distances. Votre Majesté renonce encore aux avantages que sa présence sur le champ de bataille lui assure, et je crains bien que, le jour où elle aura remporté une victoire et cru gagner une bataille décisive, elle n’apprenne qu’elle en a perdu deux. »
MÉMOlUES DU ÜIC DE BAUUSE.