‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteurChapitre 72 sur 178 · LIVRE XXI. - CORUESrO.NU.A.NCE · texte numérisé non relu

LIVRE XXI. - CORUESrO.NU.A.NCE

avec vous à des choix qui auront, j’espère, une heureuse influence sur notre avenir.

Iliscouns Dü DUC DE RAGUSE ADRESSÉ AU COLLÈGE ÉLECTORAL DE LA C«*tTE-D’OR LE 22 AOUT I8i5.

« Messieurs, la gravité dos circonstances qui motivent notre réunion est d’une telle nature, qu’aucune époque de notre histoire ne peut lui être comparée. Une catastrophe sans exemple a causé des maux intérieurs et extérieurs qu’à peine on ose approfondir. Le patriotisme le plus désintéressé est le seul remède à tant de maux ; ainsi de la bonne composition de l’Assemblée, à la formation de laquelle nous sommes appelés à concourir, dépend le sort de la France. C’est donc un esprit de concorde et d’union qui doit présider à nos choix. Nous chasserons loin de nous le souvenir de nos divisions, car dans ces divisions se trouvent le principe et la source des maux dont nous gémissons. Un peuple perd sa puissance, sa considération et sa physionomie lorsqu’il est divisé; dans quelque situation au contraire que l’empire des circonstances l’ait placé, il est toujours redoutable et sa position est toujours noble, lorsqu’il est uni. Que la cruelle épreuve que nous venons de faire nous serve au moins et ne soit pas perdue pour notre avenir; rallions-nous sincèrement autour de ce trône qui

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ICi MÉMOIRES DU DUC DE RAGUSE.

doit nous proléger, et de la Charte qui a consacré nos droits.

« Le roi, messieurs, dont la sagesse avait prévu, il y a cinq mois, tous les malheurs dont nous sommes accablés aujourd’hui, chercha vainement à les prévenir; sa voix ne fut point entendue. Depuis il est accouru pour se placer entre son peuple et les étrangers, auxquels d’anciennes haines venaient de faire reprendre les armes, et [dus que pei’sonne au monde il gémit de notre situation. Le roi enfin, pour qui le trône serait sans charmes si le bonheur public n’était le prix de ses soins, consacre tousses efforts à l’assurer. 11 veut être environné des véritables représentants de son peuple, élus par la masse des électeurs, et non de ceux d’une faction, à l’exemple du gouvernement éphémère qui vient do finir après avoir appelé tant de calamités sur la France. Ses lumières lui ont assez fait connaître que la France ne saurait être heureuse sans une liberté sage, et il met sa gloire à la fonder; lui seul peut satisfaire ce vœu constamment- exprimé, ce vœu qu’il partage, parce qu’il sait bien que ce noble sentiment élève l’àme, et que la force des souverains est dans l’opinion de leurs peuples. Enfin ses lumières et son cœur garantissent à la France qu’il confond et confondra toujours ses intérêts avec les siens.

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