‹ Memoires du Duc de RovigoChapitre 31 sur 61 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

L'empereur m'envoie à la poursuite de Blücher. — Bernadotte et Soult le poursuivent également. — Le reste de l’armée prussienne divisée en deux parties. — Capitulation du général Husdom. — J’entre à Wismar. — Pfi$ç de. vingt-quatre bâtimens suédois. — Capitulation dç Blücher. ■ — Le prince de Hatzfeld.

Je réunis ces deux régimens, le ier de hussards et le 7” de chasseurs à cheval, à Fehrbelip, et je marchai de suite, à grandes journées, par New-Rupin, Rhinsberg et Strelitz; dans cette dernière ville, je trouvai le prince Charles de Mecklembourg, frère cadet de la reine de Prusse, major au régiment des gardes. Il avait quitté l’armée pour rentrer dans sa famille; je le laissai aller et me contentai de lui faire signer un re? vers , par lequel il s’engageait à ne point porter les armes jusqu’à la paix, ou jusqu’à son échange- Il n’y avait pas grand mérite à faire un prisonnier dans sa situation , et d’ailleurs je ne pouvais pas le mener avec moi.

Je reçus un bon accueil de la part du prince de Mecklembourg, dans la ville duquel je passai

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la nuit ; je repris le lendemain la direction de Surbourg pour arriver à Wharen de bonne heure.

Chemin faisant , j’entendis le canon devant moi. Je fis diligence, et je trouvai effectivement le maréchal Bernadotte. aux prises avec le corps du général Blücher, en avant de Waren.

Cet officier-général avait réuni les débris du corps du prince de Hohenlohe à ce qu’il avait déjà de ceux de l’armée qui avait combattu à Auerstaedt, contre le maréchal Davout. C’était à peu près le reste des troupes prussiennes.

Le roi avait quitté son armée aussitôt que l’armistice qu’il avait demandé lui avait été refusé ; il avait passé par Magdebourg pour se rendre à Berlin, où il avait des ordres à donner, prévoyant bien qu’il ne pourrait pas empêcher cette ville de tomber en notre pouvoir. Il s’était ensuite dirigé sur l’Oder, et de là sur Graudenz , où il fit lui-même reployer le pont de bateaux qui était sur la Vistule. C’est après avoir repassé ce fleuve qu’il apprit que son armée avait été prise à Lubeck , ainsi qu’on va le voir.

Le général Blücher manœuvrait de manière à entraîner loin de Berlin les maréchaux Soult et Bernadotte, mais, les eût-il menés jusqu’à Mayence, il n’eût pas échappé au sort qui l’attendait. Néanmoins il parvint à se dérober à nos

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deux maréchaux du champ de bataille de Wharen,oùils le tenaient engagé; il leur échappa si bien , qu’ils n’arrivaient que le soir dans la position d’où il était parti le matin. Il passa par Schwerin et gagna Lubeck; il vôulut défendre le pont de cette place, mais nos troupes l’emportèrent. C’est alors que, poussé à bout, n’ayant plus de munitions; il capitula , et rendit son armée prisonnière de guerre.

Je marchais comme flanqueur de droite dans la même direction que le maréchal Bernadotte , et le lendemain du jour de son combat de Waren , j’eus le bonheur de séparer du corps du général Blücher , le petit corps du général prussien Iludsom. Instruit de la position qu’il occupait par un de sês officiers qu’il avait envoyé au général Blücher, et qufc je pris au passage , je me mis à sa poursuite , et je couchais si près de lui tous les soirs , qu’il ne put m’échapper ; mais il me mena jusqu’aux portes de Wismar. Il avait avec lui le régiment de hussards de son nom, le régiment de dragons de Rat et deux pièces d’artillerie légère.

Mes deux régimens réunis ue me donnaient pas plus de quatre bons escadrons, lorsque j’avais mis mes flanqueurs en dehors.

La fortune me servit bien. Le dernier jour de ma marche , le général Hudsom avait couché au

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bivoüac à une lieue de Wismar sur la route de Rostock; il délibéra la nuit s’il marcherait le lendemain sur Rostock , ou s’il tenterait de rejoindre le général Blücher, dont il ignorait, ainsi que moi, la mésaventure; les avis de son petit conseil furent partagés , et le lendemain , par bonheur pour moi , le régiment des dragons de Rat le quitta et prit une direction , à travers le pays , pour regagner les hauts États prussiens. J’avais couché à une très petite distance, et, par line heureuse inspiration , jé fis monter à cheval deux heures avant le jour. J’étais sur le point d’arriver à l’embranchement de la route de Rostock à Wismar, lorsque mon poste avancé mé irâtnena deüx hussards prussiens , qui désertaient. Ils me dirent qu’ils avaient quitté leur régiment , il y avait un quart d’heure , au moment hiême où il montait à cheval pour aller à Wismar. Pendant que je les interrogeais , mes domestiques , qui conduisaient mes propres chevaux de main, à la queue deJa colonne, arrivèrent tout effrayés , et me dirent que les Prussiens nous tournaient ; j’y courus et menai avec moi un des déserteurs , lequel’ reconnut le régiment de Rat et m’expliqua la séparation de ce corps d’avec son régiment. Ces troupes n’avaient nulle envie de m’attaquer; elles cherchaient au contraire à m’éviter , et furent très heureuses que je ne fusse

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pas arrivé une demi-heure plus tôt ; je tes aurait arrêtées dans leur marche. Elles trouvèrent le chemin libre et en profitèrent en prenant ufte allure accélérée, ce qui me fit grand plaisir J ca t , de bonne foi, je n’étais pas assez fort pour attaquer deux régimens. S’ils étaient venus à moi , j’aurais été obligé de subir le sort que je voulait leur imposer.

Je revins soulagé à la tête de ma colonne. J’avais avec moi un homme cTun courage et d’une présence d’esprit peu commune ; il prit un détachement de quarante hommes, et avec une témérité qui tenait de l’extravagance , il se jeta dans Wismar, assembla la garnison mecklem1 bourgeoise, lui fit fermer les portes de la ville, OÙ il se plaça lui-même. L’avant-garde du général Hudsom se présenta à la pointe du jour pour entrer ; elle fut culbutée par le détachement affermé dans la ville , qui sagement ne la poursuivit pas.

La position du général Hudsom allait devenir délicate. Je lui évitai les premiers pas d’une démarche désagréable, en lyi envoyant un de mes aides-de-camp avec un trompette , pour lui proposer d’entrer en arrangement ; il n’avait guère d’autre parti à prendre. Il me crût plus fort que lui, je le croyais aussi plus fort que moi; mais comme je ne le laissai pas venir m’observer, il

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conclut son arrangement, et il me remit son régiment avec deux pièces de canon, qu’il avait de plus que moi, indépendamment d’une supériorité d’au moins deux cents hommes.

Je me trouvai très heureux d’être maître de tout cela ; j’avais une telle quantité de chevaux que je ne pus pas les emmener ; je leur fis couper le jarret sous les murs de Wismar ; et après avoir donné une escorte aux prisonniers que j’envoyai à Spandau, il ne me restait pas trois bons escadrons (i).

(i) Il y avait dans ce régiment d’Husdom un major, polonais de nation •, qui témoignait dans sa langue son mécontentement à son général sur cette capitulation, et qui chercha à exciter les officiers et les hussards à ne pas se rendre. J’avais heureusement parmi mes aides-de-camp un ancien officier qui avait servi avec le célèbre Kosciuscko. Il entendit ce que disait le major polonais et vint m’en avertir. Je ne me décontenançai pqs , je pris le major près de moi , et au moyen de mon aide-de-camp qui'parlait polonais, je fis former le régiment prussien en colonne serrée , puis ayant appelé sur le flanc de la colonne tous les officiers et sousofficiers, je leur fis mettre pied à terre sur-le-champ et les fis désarmer par mes chasseurs et hussards , puis emmener. J'eus alors bon marché de» soldats , auxquels je permis de prendre leur porte-manteau et leur manteau. Pendant ce "temps je faisais vider les caissons des deux pièces d’artillerie , jet réunir les munitions en un seul tas. J’avais, sans que cela Jut remarqué , envoyé un maréchal ferrant des hussards enadoucr les deux pièces ; et comme je remarquai de l’hési-

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De Wismar, où j’appris la capitulation de Lubeck , je vins à Rostock. Il n’y avait pas de troupes ennemies. Je m’emparai de vingt-quatre bâtimens suédois qui se trouvaient dans le port ; ils étaient tous chargés-, et retenus par les vents contraires. Nous étions eu guerre, ils étaient de bonne prise. Comme je n’avais que de la cavalerie , et qu’une fois parti , les vaisseaux auraient pu m’échapper, je fis asssembler les magistrats de Rostock, et, sans rien dire de mon projet, je leur fis estimer les vingt-quatre bâtimens, ce qu’ils firent, vaisseau par vaisseau; je leur ordonnai de les' prendre sous leur garde, et d’en tenir compte lorsqu’on le leur demanderait, mais, avant tout, de m’en donner un reçu. Ils m’objectèrent qu’ils n’étaient pas en guerre avec la Suède , et que ce serait commettre un acte hos-

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tue contre elle.

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talion parmi les hussards prussiens à obtempère? à ce que je demandais , et que ma position pouvait d’une minute à l’autre devenir des plus critiques , je pris moi-même une des lances à feu des canonniers prussiens , je l’allumai à la pipe d’un hussard, et la jetai sur le tas de munitions qui fit à l’instant explosion. J’étais si prés que je n’eus que le temps de me retourner pour ne pas avoir le visage brûlé. J’en fus quitte pour une partie du galon de mon chapeau et mes ongles de la main droite un peu grillés , mais aussi ma capture fut assurée.

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Je leur répbndis qu’ils avaient raison, mais que je ne voulais pas être dupe ; qu7en conséquence ils allaient , eux magistrats, me payer la somme à laquelle ils avaient porté la valeur de ces vingt-quatre navires ainsi que leurs cargaisons; qu’ensuite je leur signerais une déclaration par laquelle je reconnaîtrais que je'm’étais emparé des vingt-quatre vaisseaux , et que je les avais forcés à me les acheter pour cette somme, dont je leur donnerais quittance. C’était le seul moyen de tirer parti de ma prise.

Les magistrats n’étaient pas trop satisfaits, mais j’étais le plus fort. Au surplus je les remis de bonne humeur en leur vendant ma flottille à moitié prix, comme on peut én juger; car ils ne payèrent le tout que iao ou i3o mille francs. Alors ils ne trouvèrent plus de difficulté à rien. Je donnai aux deux régimcns qui étaient avec moi, Go,ooo francs, qu’ils ajoutèrent au petit butin de la prise du corps du général Iludsom , et ils trouvèrent qu’ils avaient fait une bonne campagne. L’empereur m’abandonna les 60,000 autres. Il était encore à Berlin lorsque j’y rentrai : il est bon de diçe ce qui s’était passé dans cette capitale.

A peine nous établissions-nous dans un lieu de quelque importance, que de suite on organisait des moyens de surveillance et d’informa-

tions; on croyait généralement que c’était taoi qui étais chargé de cela : on était dans l’erreur. Pendant les seize ou dix-sept ans que'j’ai servi l’empereur, il rti’a toujours accordé assez d’estime pour ne pas me donner une sènle fois unë commission de ce genre; j’ai vu souvent mettre sur mon compte telles actions dont je Suis incapdble, dont je n]pi même eu aucune connaissance; et qui étaient l’œuvre de certains ambitieux, de quelques jaloux, sans élévation d’âtne, qui, adulateurs sous tous les régimes, flattaient l’empereur comme ils avaient- flatté les commissaires de la convention, -comme ils ont depuis flatté les rois; hommes toujours prêts à trahir lé pouvoir dont ils ont tout obtenu,' pour plairë à celui dont ils veulent tout obtenir; cherchant à se rendre utiles par tous les moyens. Ces hommes , dont je signalerai quelques actions et que gênait ma position auprès de l’empereur, lui adressaient directement, ou lui faisaient remettre par le maréchal ï)uroc, des rapports que j’ai eus quelquefois , et le plus souvent après avoir dénoncé leurs camarades, ils allaient leur dire à eux-mêmes que c’était moi qui l’avais fait ; que l’empereur leur avait demandé leur opinion sur cette délation , et qu’ils avaient tout arrangé.

Ma qualité de commandant de la gendarmerie

de la garde de l’empereur favorisait leur duplicité, et prêtait quelque apparence de vérité à leurs lâches, calomnies’.

'En arrivant à Berlin, on- s’empara de suite de la poste; on avait 'des manières si adroites de prendre connaissance de la correspondance, que les employés prussiens ne s’en aperçurent qu’au bout de quelque temps; il était indubitable qu’avant que l’on entendit malice aux affaires, les lettres porteraient leurs* adresses et leurs dates naturelles, et qu’ainsi on connaîtrait, d’une part, les lieux où s’étaient retirés les personnages importans dont les emplpis déterminaient toujours la position des troupes , et d’autre part les fonctions dont pouvaient être chargés les personnages qui étai'ent restés dans les lieux que nous occupions.

Les paquets à l’adresse nominative du directeur de la poste, qui contenaient les lettres réservées, étaient toujours ceux où l’on trouvait le plus de choses intéressantes; c’est ainsi que, dçs les premiers jours de notre entrée à Berlin , on arrêta une lettre qui partait du bureau de cette ville pour le roi de Prusse; elle était écrite de la main et signée du nom du prince de Hatzfeld, qui était resté à Berlin. 11 y rendait un compte détaillé au roi de tout ce qui s’était passé dans la capitale depuis son départ, et il y joignait une

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énumération de la force de nos troupes, corps par corps. Comme c’était un prince qui écrivait cette lettre , elle fut remise à l’empereur, qui ordonna la formation d’une commission militaire pour juger ce fait que l’on qualifia d’espionnage, et qui pouvait detenit* dangereux, en ce qu’il aurait été facile de l’employer par le moyen desbourgmestres, auxquels on aurait pu ordonner de rendfre de semblables comptes, et entourer ainsi l’armée d’une surveillance , telle qu’on n’aürait pas pu y former uft projet que les ennemis n’en fussent informés.

L’ordre donné, le prince de Hatzfeld fut arrêté. La commission militaire était déjà assemblée; mais Fempereur n’ayant pas envoyé la lettre originale , qui était la seule pièce de conviction, on fut obligé de la lui faire demander par -la. voie accoutumée du major-général.

L’efnpereur passait, hors de Berlin, la revue d’une des divisions du maréchal Davout. 11 était parti du château sans être accompagné par Bertrand. Celui-ci , pendant ce temps , rédigeait le rapport de cette affaire à l’empereur. Il l’apporta dans son cabinet en y joignant la lettre du prince de Hatzfeld. Trouvant l’empereur parti, il remit ces pièces à M. de Mennéval, et vint rejoindre l’empereur à la revue. Par surcroît de bonheur, en revenant de la revue l’empereur alla rendre

visite au vieux prince Ferdinand, frère du grand

Frédéric, de sorte que le jour finissait lorsqu’il

rentra chez lui. *

Ces heureux incid’ens avaient donné à madame la princesse de Hatzfeld tout le loisir nécessaire pour aller aux informations r et venir trouver le .maréchal Duroc, quelle avait connu dans les différent voyages qu’il avait faits a Berlin. Celui-ci , igporant ce dont* il s agissait, et ayant des occupations qui l’empêchaient de quitter le château, me pria de m’informer de ce qu’il y avait contre M. de Hatzfeld, et de l’en préyenir. Je venais d’arriver, et ne savais rien de tout cela. Dans les premiers moment de l’arrivée à Berlin, la .gendarmerie faisait presque tous les services de la capitale. J’appris de suite par elle que le capitainerapporteur du conseil de guerre attendait dans l’antichambre du prince de Neufchâtel la lettre du prince de Hatzfeld au roi, et que c était un cas capital. Je courus en prévenir le maréchal Duroc, et lui fis observer qu’il n’y avait pas un moment à perdre 5 qu’il y allait de la vie 'du prince, si madame de Hatzfeld ne voyait pas 1 empereur en particulier. A peine avais-je fini, que Ion cria aux armes! C’était l’empereur qui rentrait. Le marécfial Duroc , donnant son bras a madame de Hatzfeld, qui n’avait pas quitté son appartement, courut, et arriva juste à la porte du salon comme

Digi

l’emperetir était en haut de l’escalier. L’erapeveup lui dit (1): « Est-ce qu’il y a quelque chose de « nouveau, monsieur le grand-maréchal?— Oui, u sire. » Jït il suivit l’empereur dans son cabinet.

Je restai à la porte pour qu’on n’annonçât personne avant que madame de Hatzfeld , qui étqiÇ là, n’eût vu l’empereur. Duroc ne tàrda pas à sortir, et fit entrer de suite madame de Hatzfeld. Elle ignorait pourquoi on avait arrêté, son mari, et demandait justice à l’empereur , dans toute 1% candeur de son âme. Lorsqu’elle a bien détail tout ce quelle avait à dire, l’empereur lui remet la lettre de son mari; elle commence à la lire, et à mesure qu’elle lit, l’effroi s’ejnpare d’elle; elle devient pâle, et s’interrompt pour dire : 5 Ab 1 « mon Dieu! c’est bien son écriture! Ah! oui!... « Que nous sommes malheureux ! » Lorsqu’elle eut fini, elle regarda l’empereur avec une immobilité qui tenait de la défaillance; elle avait les yeux hagards, et n’articulait pas un mot. L’empereur lui dit : « Eh bien ! madame , est-ce une « calomnie, une injustice.? Je vous en laisse « juge. »

La princesse , plus morte que vive , allait fondre en larmes , lorsque l’empereur Jui reprit la

(1) Duroc n’ctait pas dans l’habitudé'de se trouver sur le passage de l’empereur, chaque fois qu’il sortait ou rentrait.

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lettre et lui dit : « Madame, sans cette lettre, il « n’y aurait point de preuves contre votre mari. » Elle répondit : « C’est bien vrai, sire, mais je ne « puis pas le nier , elle est de lui. — Eh bien ! dit « l’empereur en la jetant au feu , il n’y a qu’à la a brûler. »

La princesse de Hatzfeld ne savait ce qu’elle devait dire ni faire; elle parla plus par son silence que n’aurait pu le faire l’orateur le plus éloquent. Elle sortit heureuse; elle revit son mari , qui fut mis en liberté, et ne dut la vie qu’au concours d’incidens que je viens de rapporter fidèlement. Le fond du cœur de l’empereur était rempli de dispositions semblables. Il a été, ce jour-là, aussi heureux que madame de Hatzfeld.

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