M. LE DUC ET LE PRINCE DE CONTI
du sang, qui le sont par deux, et des pairs, dont aucun n'est reçu par un huissier au carrosse que le jour de sa réception, et qui sortant de séance deux à deux, sont conduits par un huissier jusqu'à la sortie de la grande salle seulement.
M. du Maine fut extrêmement satisfait de tant de distinctions au-dessus des pairs, et d'être si approché de celles des princes du sang, sans courir le risque de les blesser, et fut surtout fort touché de l'adresse avec laquelle ce rang intermédiaire étoit imaginé par le premier président pour lui assurer en tous les temps la protection de tous ces avantages , par celui qu'on y faisoit trouver aux princes du sang pour eux-mêmes. M. du Maine content, le Roi le fut aussi. Il ne fut donc plus question que de dresser la déclaration, que le premier président avoit déjà minutée, et qu'il ne fit qu'envoyer au net pour être scellée.
Ce fut alors qu'il sut se servir de M. du Maine pour faire proposer au Roi sa récompense. Il avoit déjà eu quelque sorte de parole ambiguë, mais qui n'étoit pourtant qu'une espérance, d'être fait chancelier, lorsque le Roi, voulant légitimer les enfants qu'il avoit de M"* de Montespan, sans nommer la mère, dont il n'y avoit point d'exemple, Harlay, consulté, lors procureur général, suggéra l'expédient d'embarquer le Parlement par celle * du chevalier de Longueville, qui réussit si bien. En cetle occasion-ci, il se fit donner formellement parole par le Roi qu'il succéderoit à Boucherat, chose qui le flatta d'autant plus que ce chancelier étoit alors fart vieux et ne pouvoit le faire attendre longtemps. Pour l'exécution de la déclaration, le Roi en parla aux princes du sang, qui ne crurent avoir que des remerciements à faire : le Roi les pria de se trouver au Parlement, et Monsieur le Duc et M. le prince de Conti de lui faire le plaisir de conduire M. du Maine en ses sollicitations. On peut juger s'ils le refusèrent. De là le Roi fit appeler l'archevêque de Reims : il lui fit part de ce qu'il avoit résolu , lui dit qu'il