DU MARECHAL DE CHOISEUL
Yoyoit de partout, un peu à côté et plus avancé au delà de Neustadt. Les bols devinrent bientôt un fonds de marais artificiel, par les retenues d'espace en espace du Spirebach, qui y couloit. On y fit de grands abatis d'arbres, et tout du long semés de petits postes, pour avertir seulement. En un endroit plus clair, et au bord d'une petite plaine où ily avoit, en deçà du ruisseau, un moulin appelé Freymuhl, dont on se servit avantageusement pour s'aider (le l'eau à retenir et à inonder, on fit camper quatre bataillons, appuyés de la cavalerie de notre droite, parce que la ligne s'étendoit jusque-là; et le quartier du marquis de Renti, lieutenant général fort bon et beau-frère du maréchal, n'en étoit pas éloigné. On mit un peu plus loin, au village ruiné de Spirebach, la brigade de cavalerie de Bissy, avec de l'infanterie divisée par pelotons jusqu'à Spire, où linissoient les bois. A Spire, force canon et beaucoup d'infanterie dans les retranchements, avec, pour cavalerie, la brigade du colonel général; le marquis d'Huxelles et le duc de la Ferté, lieutenants généraux, y commandoient, et sous eux Hautefort et la Lande, maréchaux de camp. De Spire au Rhin il n'y avoit pas l'espace pour un escadron. Le maréchal de Choiseul prit son quartier général au village de Lackheim, vis-à-vis du commencement des bois, vers le centre de la cavalerie. Notre gauche de cavalerie joignoit la droite de celle du marquis d'Harcourt, mais un peu plus reculée ; et lui se mit dans un petit village tout à fait dans la montagne, près de Neustadt, en deçà.
Les choses disposées de la sorte, on continua à perfectionner les retranchements partout où on crut qu'il en •itoit besoin; et on attendit avec une tranquillité, toutefois très-vigilante, ce que les ennemis pourroient ou voudroient entreprendre. On montoit tous les soirs un gros bivouac à la tête des camps, avec le maréchal de camp de jour à la tlroite et le brigadier de piquet à la gauche. Le mestre de camp de piquet se promenoit toute la nuit d'un bout à l'autre, pour voir si tout étoit bien en état. J'étois encore cette campagne de la brigade qui fermoit la seconde ligne