ÉLECTEUR DE SAXE COURONNÉ
la rade de Copenhague, où le comte de Guldenlevv, qui avoit été en France, et plusieurs seigneurs le vinrent saluer, que Bonrepaus, ambassadeur de France en Danemark, lui présenta.
Pendant ce voyage, Télecteur de Saxe ne perdit pas son temps. Le primat lui avoit écrit pour le supplier de ne point troubler leur liberté, et de vouloir bien se retirer de Pologne, puisque le prince de Conti étoit élu et proclamé suivant les lois. L'assemblée de la noblesse de Varsovie avoit établi une garde auprès du corps du feu Roi, pour empêcher qu'on ne l'enlevât et qu'on ne le portât à Cracovie, où il est d'usage que la pompe funèbre et le couronnement du successeur se fassent dans la même cérémonie. L'électeur jugea que tout dépendoit de la force et de la promptitude : il reçut dans un château royal, près de Cracovie, l'hommage des principaux de son parti, qui lui firent jurer les pacta conventa qu'ils avoient dressés, lui firent livrer le château de Cracovie, et l'y menèrent loger. Dans ce château sont gardés la couronne et tous les ornements royaux, dont il s'empara, après avoir fait enfoncer les portes du lieu où ils étoient. Ensuite on dressa un catafalque dans l'église de Cracovie, comme si le corps du feu Roi y eût été présent; on y fit les mêmes obsèques, et en même temps, l'évêque de Cujavie, assisté de quelques autres, couronna l'électeur de Saxe, en présence des principaux et d'une multitude de son parti. Le primat, contre les droits duquel l'évêque de Cujavie attentoit en tant de façons, aussi bien que contre toutes les lois du royaume, publia un long manifeste contre lui et contre tous les partisans de Saxe, et en même temps des universaux^* pour convoquer les petites diètes préparatoires à la diète générale, qui devait décider sur la double élection.
Incontinent après, c'est-à-dire le 25 septembre, le prince de Conti arriva à la rade de Dantzick, où l'abbé