‹ Mémoires du duc de Saint-Simon publiés (volume 2)Chapitre 74 sur 352 · SECOND MARIAGE DE MON PÈRE · texte numérisé non relu

SECOND MARIAGE DE MON PÈRE

Saint- Luc, auprès de la duchesse d'Ângoulême. Elles étoient lasses du couvent, et leurs mères n'aimoient point à les avoir auprès d'elles. Toutes deux étoient parentes de M"* d'Ângoufôme, fille de M. de la Guiche, chevalier de Tordre et grand maître de l'artillerie, et veuve, qui les prit avec elle , et chez qui elles furent toutes deux mariées.

Ma mère étoit TÂubespine, tille du marquis d'Hauterive, lieutenant général des armées du Roi et des états généraux des Provinces-Unies, et colonel général des troupes franooises^à leur service. La catastrophe du garde des sceaux de Châteauneuf, son frère aîné, mis au château d'Ângoulème, lui avoit coûté Tordre, auquel il étoit nommé pour la Pentecôte suivante de 4633, et le bâ^on de maréchal de France, qui lui étoit promis. M. de Gharost, devant qui le cardinal de Richelieu donna Tordre d'arrêter les deux frères, qui avoit porté le mousquet en Hollande sous mon },Tand-père, comme presque toute la jeune noblesse de ces temps-là, et qui Tappeloit toujours son colonel, se déroba <'t vint Tavertir comme il jouoit avec les filles d'honneur de la Reine. Mon grand-père ne fit aucun semblant de rien ; mais un moment après, feignant un besoin pressant, il demanda permission de sortir pour un instant, alla prendre le meilleur cheval de son écurie, et se sauva en Hollande. Il étoit dans la plus intime confidence du prince d'Orange, <iui lui donna le gouvernement de Breda. 11 avoit épousé l'héritière de Ruffec, de la branche aînée de la maison de Volvyre, dont la mère étoit sœur du père du premier duc; de Mortemart ; elle étoit fort riche. Mon grand-père passa une grande partie de sa vie en Hollande, et mourut à Paris <'n 1670.

U second nîariage de mon père se fit la même année, «n octobre. Il eut tout lieu d'être content de son choix : il trouva une femme toute pour lui, pleine de vertu, d'esprit, ♦^t d'un grand sens, et qui ne songea qu'à lui plaire et à le conserver, à prendre soin de ses affaires et à m'élever de ''On mieux. Aussi ne la voulut-il que pour lui. Lorsqu'on

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