‹ Mémoires du duc de Saint-Simon publiés (volume 3)Chapitre 131 sur 333 · POURQUOI LA PART DIFFÉRÉE · texte numérisé non relu

POURQUOI LA PART DIFFÉRÉE

tant qu'elle auroît pu par celui d'Espagne, pour la dignité de la maison d'Autriche.

Villars avoit reçu une incivilité très-forte, dans Fappartement de l'Empereur, du prince de Lichtenstein, sur ce qu'il ne voyoit point l'archiduc, que les ministres du Roi ne visitoient point, à cause de quelque embarras de cérémonial. Villars prétendit une réparation authentique, se relira de la cour, et dépêcha un courrier. Le nonce de Vienne et les autres ministres étrangers s'en mêlèrent inutilement : Villars eut ordre de s'en revenir sans prendre congé, si la réparation ne lui étoit point faite. On la différa tant, que Villars résolut de partir : sur le point qu'il alloit monter en voiture, on le pria de rester, et on l'assura "de la satisfaction ; et en effet, deux jours après, elle fut achevée d'être concertée, et sur-le-champ exécutée par les excuses que le prince de Lichtenstein lui alla faire chez lui. Ce fut apparemment ce petit démêlé qui retarda tant la part du mariage du roi des Romains, car l'un et l'autre se fit tout de suite, et fort peu après l'embarras du cérémonial chez l'archiduc, à la satisfaction du Roi, qui ordonna à Villars d'aller chez lui. L'Empereur donna une grande distinction au grand-duc; ce fut le traitement d'ambassadeurs de tête couronnée aux siens, qui ne l'avoient dans aucune cour. Monsieur de Savoie fut outré de cette égalité avec lui; je ne sais si ce fut pour le mortifier, ou pour l'argent de Florence. La naissance d'un prince de Piémont l'en consola bientôt après ; dans le moment, un lieutenant des gardes partit pour en porter la nouvelle à Monsieur. Dès qu'il fut arrivé, l'ambassadeur de Savoie le vint dire au Roi, et entra dans son cabinet, où il étoit enfermé en attendant le marquis de Rovere, que Monsieur de Savoie envoya* exprès au Roi, qui reçut très-bien l'ambassadeur, et l'envoya à Saint-Cyr trouver M"* la duchesse de Bourgogne, qui y étoit. Elle fut si sensible à cette nouvelle, qu'elle en pleura de joie. Le Roi, qui venoit de payer les dettes de Madame a

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