MORT DE MIREPOIX
monde, et en étoit devenue le centre dans cette province, d'où on ne la revit presque plus à Paris, où elle avoit conservé des amis, et à la cour.
Le duc de Montbazon mourut aussi, dans les faubourgs de Liège, où il étoit enfermé depuis bien des années dans une abbaye. Le prince de Guémené, son fils, devint par sa mort duc de Montbazon, et se fit recevoir au Parlement. Il fut le premier qui, devenant duc, n'en prit pas le nom et conserva le sien ; ce fut un rafiînen^çnt de princerie : on en rit et on le laissa faire.
Le marquis de Mirepoix mourut en ce même temps. Il étoit dans les mousquetaires noirs, médiocre emploi pour un homme de sa naissance, mais il étoit fort mal à son aise, et ne laissa point d'enfants de la fille aînée ôfi la duchesse de la Ferté. Il étoit de mes amis. Cétoit un homme d'honneur et de valeur. J'avois été presque élevé avec son frère, beaucoup plus jeune que lui. La maréchale de Duras, sœur du duc de Ventadour, Tavoit pris chez elle comme son fils, et l'avoit élevé avec son fils aîné, et nous nous voyions tous les jours. Je les perdis depuis de vue : le duc de Duras entra dans le monde, et me laissa fort derrière ; il avoit bien des années plus que moi; l'autre s'amouracha de la fille d'un cabaret en Alsace, et s'enterra si bien avec elle qu'on ne l'a pas vu depuis; le fils de ce mariage est le marquis de Mirepoix d'aujourd'hui.
La duchesse Mazarin finit aussi son étrange carrière, en Angleterre, où elle étoit depuis plus de vingt-cinq ans. Sa vie a fait tant de bruit dans le monde que je ne m'arrêterai pas à en parler. Malheureusement pour elle, sa fin y répondit pleinement, et ne laissa de regrets qu'à Saint-Évremond, dont la vie, la cause de la fuite, et les ouvrages sont si connus. M"* de Bouillon, et ce que M°* Mazarin avoit ici de plus proches, partit pour l'aller trouver, la trouvèrent morte en arrivant à Douvres, et revinrent tout court. M. Mazarin, depuis si longtemps séparé d'elle et sans aucun commerce, fit rapporter son