‹ Mémoires du duc de Saint-Simon publiés (volume 3)Chapitre 232 sur 333 · DONS PÉCUNIAIRES · texte numérisé non relu

DONS PÉCUNIAIRES

même de celui-ci. Â Meudon on ne parloit que de ce combat et de sa cause. M. de Luxembourg étoit le seul qui ligno- c/* j? J rât; il la demandoit à tout le monde, et, comme on peut croire, personne ne la lui voulut apprendre; lui aussi ne comprit jamais ce secret, et alla à maintes reprises à M. le prince de Conti pour le savoir, avec des presses et des instances à le mettre au désespoir. Il en sortit pourtant sans le lui dire, et ilm^assura qu'il n'avoit jamais été si aise de sortir de Meudon et de la fin du voyage, pour éviter M. de Luxembourg jusqu'à ce qu'il n'en fût plus question.

Le Roi, pressé par M"' la duchesse de Bourgogne, bonne et facile, permit l'entrée de ses carrosses et de manger avec (îlle à M"*' de Villacerf, qui étoit SaintrNectaire et femme <le son premier maître d'hôtel, sur l'exemple de M"' de Chamarande, quoique M"* de Villacerf la mère, en pareille place et femme d'un homme bien plus accrédité et <:onsidéré, n'eût jamais osé y prétendre; mais aussi, d'elle, <'lle n'étoit rien.

Il donna aussi à M. le prince de Conti dix-huit mille livres d augmentation de pension, et à M. de Duras vingt mille d'augmentation d'appointements de son gouverneinont de Franche-Comté. Monseigneur donna aussi deux mille louis à Sainte-Maure, qui lui fit représenter par M~* la princesse de Conti l'embarras où il étoit d'avoir beaucoup perdu au jeu.

Les fiançailles de la Vrillière avec M"' de Mailly avoient t>té faites quinze jours après la déclaration de son mariage avec M'" de Mailly, en présence du Roi et de toute la cour, dans le grand cabinet de M"* la duchesse de Bourgogne, où le contrat avoit été signé, par le droit de fille de la dame d atour; dès qu'elle eut douze ans accomplis, ils se marièrent; la chancelière donna à dîner à la noce. Ils cou- <:hèrent dans l'appartement de la comtesse de Mailly, où M"" la duchesse de Bourgogne s'en amusa tout le jour. Le Roi avoit donné la charge de greffier de l'ordre à la Vrillière, qu'avoit son père, et le râpé au chancelier. Le premier en avoit grand besoin pour le parer un peu.

Page 1