GO] ET QUELQUES AUTRES SEIGNEURS
>, et depuis archevêque de Tolède, étoit un grand nme tout blanc, assez gros, de bonne mine, avec un vénérable, et toute sa figure noble et majestueuse; nnéte, poli, franc, libre, parlant vite, avec beaucoup de )bité, de grandeur, de noblesse; le sens bon et droit, ic un esprit et une capacité fort médiocres, une opiniâté entêtée ; assez politique, excellent ami, ennemi impla- )le ; un grand amour pour sa maison et tous ses parents, voulant tout faire et tout gouverner; ardent en tout ce il vouloit, et sur le tout dévot,, haut et glorieux, et oique grand autrichien, ennemi de la Reine et de tous siens, et déclaré tel.
^'amirauté, dévoué à la fortune, avec beaucoup d*esprit, monde et de talents, mais décrié sur tous les chapitres, lit rhomme d'Espagne le plus attaché à la Reine. ^. Estevan avoit beaucoup d'esprit et de capacité et assez droiture, extrêmement rompu au monde et à la cour, avoit souvent des propos et des reparties fort libres et t plaisantes, d'un esprit fin, doux, liant, et sans aucune ine ni vengeance, et d'une dévotion solide et cachée, a ou point attaché aux étiquettes d'Espagne ni à ses iximcs. Il avouoit franchement sa passion extrême pour famille et pour ses parents les plus éloignés. En tout, toit un homme d'Ëtat. Son fils a été plénipotentiaire Espagne à Cambray, puis gouverneur et premier nistre du roi de Naplcs, chevalier du Saint-Esprit, et lintcnant en Espagne président des ordres et grand jycr du Hoi. Le père nipurut majordome-major de la ine-Savoie *.
VeragLia, avec infiniment d'esprit, étoit un homme pablo, mais d'une avarice sordide, de peu de courage ns ràine, t't à qui personne ne se fioit, et qui lors étoit Sicile vice-roi.
Villairanca, chef de la maison de Tolède, étoit un homme soixante-dix ans. Espagnol jusqu'aux dents, attaché
. De Louise de Savoie, première fexmne de Philippe V. Saint-Simon n. 24
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aux maximes, aux coutumes, aux mœurs, aux étiquettes d'Espagne jusqu'à la dernière minutie; courageux, haut, fier, sévère, pétri d'honneur, de valeur, de probité, de vertu; un personnage à l'antique, généralement aimé, considéré, respecté, sans aucuns ennemis, fort révéré et aimé du peuple, et, avec ce que j'en vais dire, d'un esprit médiocre.
Ârias étoit monté à ce haut degré de conseiller d'État, le non plus ultra d'Espagne pour le personnel, par son esprit vaste, juste, net, capable, ferme, hardi. G'étoit un vrai homme d'État, fort Espagnol dans son goût et dans toutes ses manières, grand homme de bien, qui aimoit fort Ik justice, et en tout grand ennemi de toutes voies obliques, et austère dans ses mœurs.
Ubilla étoit homme de peu, comme tous ceux qui occu* pent les premières secrétaireries en Espagne. Il étoit arrivé à l'universelle ^ par s'être distingué dans divers emplois importants. Il avoit l'esprit souple, poli, délié, fin, avec cela ferme, net, et voyoit clair, avec grande capacité et pénétration, dans les affaires, intègre pour un homme élevé par ces sortes d'emplois-là, et uniquement attaché au bien, à la grandeur et à la conservation de la monarchie.
J'oubliois le vieux Mancera, de la maison de Tolède, qui avoit été ambassadeur à Venise et en Allemagne, puis viceroi de la Nouvelle-Espagne, à son retour majordome-migor de la Reine mère, enfin conseiller d'État. G'étoit encore un personnage à l'antique, en mœurs, en vertu, en désintéressement, en fidélité, en attachement à ses devoirs, avec une piété effective et soutenue sans qu'il y parût, doux, accessible, poli, bon, avec l'austérité et l'amour de toutes les étiquettes espagnoles. G'étoit un homme qui pesoittout avec jugement et discernement, et qui, une fois déterminé par raison à un parti, y étoit d'une fidélité à toute épreuve; savant avec beaucoup d'esprit, et le plus honnête homme qui fût en Espagne.