A LA PRINCESSE DE GUÉMENÉ
demander pourquoi elle ne la voyoit point, et cessa enfin tout à fait d'y aller. La Reine en parloit souvent à M"* de Montbazon et à M"* de Chèvre use. Les excuses s'épuisèrent, et M"* de Chevreuse prit son temps de dire franchement à la Reine à quoi il tenoit. La Reine, surprise, voulut se défendre d'accorder ce qui n'avoit eu lieu que comme bonté et familiarité ignorée et sans conséquence; M"* de Chevreuse répondit que tout le monde savoit qu'elle étoil assise et l'y voyoit au Val-de-Grâce, qui ne pouvoit pluss^appeler un particulier, au nombre de gens où ce particulier s'étoit étendu, qu'elle ne voyoit point de différence entre le Val-de-Grâce et le Palais-Royal, ni pourquoi sa belle-sœur, assise devant toute la cour de la Reine en un lieu, elle seroit debout en un autre, et moitié figue moitié raisin, avec la Fronde en croupe, qu'elle arracha * le tabouret en plein partout pour la princesse de Guémené. Ce tabouret ne passa pas plus avant pour lors dans la maison de Rohan, et n'y produisit. point d'autres distinctions. En môme temps, la Reine fit la même grâce à la marquise de Senecey, sa dame d'honneur, chassée pour elle, et à qui, en arrivant à la régence, elle avoit rendu sa charge, qui lui avoit été ôtée, et récompensé de la survivance à la comtesse de Fleix, sa fille, toutes deux veuves, qui eut aussi le tabouret.
Elles en jouirent quelques années, jusqu'à ce que plusieurs personnes de qualité, excitées par Monsieur Gaston et Monsieur le Prince, s'assemblèrent en grand nombre, invitèrent les ducs de se joindre à eux, et sous le nom de la noblesse, demandèrent la suppression de ces tabourets, et des honneurs accordés à MM. de Bouillon par l'échange d* Sedan, que le Parlement n'avoit pas voulu enregistrer avec ces articles et quelques autres qui ne le sont pas encore aujourd'hui.
Ces assemblées, dont les princes vouloient effrayer la cour pour d'autres vues, durèrent assez de semaines pour
1- Tel est bien le texte du maDuscrit. SaInt-SimoD a écrit /a (rode^ sans n.