‹ Mémoires du duc de Saint-Simon publiés (volume 4)Chapitre 139 sur 344 · Jfottcik^r, aller et venir comme des mouchei · texte numérisé non relu

Jfottcik^r, aller et venir comme des mouchei

Saint-Suon I. it

ils HADAHE GORNUEL. [1694}

le prince de Rohan ne Favoit pas épargnée , et souvent et publiquement chantées. Elle avoit voulu épouser le chevalier ! de Bouillon, qu*elle trouvoit fort à son gré, et lui le desiroit fort, pour les grands biens qu'elle avoit déjà, et d'autres immenses qui la regardoient. M. ni M"** de Ventadour ne vouloient pas ouïr parler d'un cadet fort peu accommodé. M. et M"* de Bouillon ne s'y opposoient pas moins, parce qu'ils desiroient la remarier au duc d'Albret, devenu leur aîné, duquel elle ne vouloit en aucune sorte, tellement que, par concert de famille, le Roi fut supplié d'envoyer le chevalier de Bouillon refroidir ses amours à Turenne, oili ils le tinrent jusqu'à ce qu'il n'en fût plus question ; mais eUe tint aussi bon à refuser l'aîné. M. de Soubise regarda ce grand mariage comme la plus solide base de sa branche. Il avoit de bonnes raisons pour n'être pas difficile au choix : la beauté de sa femne l'avoit fait prince et gouverneur de province, avec espérance de plus encore. La richesse d'une belle-fille, de quelque réputation qu'elle fût, lui parut mériter le mépris du qu'en-dira-t-on. En deux mots, le mariage se fit.

Il y avoit une vieille bourgeoise au Marais chez qui son esprit et la mode avoient toujours attiré la meilleure compagnie de la cour et de la ville : elle s'appeloit M"* Cornuel, et M. de Soubise étoit de ses amis. Il alla donc lui apprendre le mariage qu'il venoit de conclure, tout engoué de la grande naissance et des grands biens qui s'y trouvoient joints. « Ho ! Monsieur, lui répondit la bonne femme, qui se mouroit, et qui mourut deux jours après, que voilà un grand et bon mariage pour dans soixante ou quatrevingts ans d'ici I »

Le duc de Montfort, fils aîné du duc de Ghevreuse, épousa en même temps la fille unique de Dangeau, chevalier de l'ordre, et de sa première femme, fille de Morin dit le juif, sœur de la maréchale d'Estrées. Elle passe pour très-riche, mais aussi pour ne pas retenir ses vents, dont on fit force plaisanteries.

Le duc.de Vilieroy, en même temps, épousa la seconde

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