‹ Mémoires du duc de Saint-Simon publiés (volume 4)Chapitre 186 sur 344 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Distribution des années. — Profonde adresse de M. de Noailles , qui le remet mieux que jamais avec le Roi, en portant M. de Yendôme à la tête des armées. — Maladie du maréchal de Lorges, delà le Rhin; attachement de son armée pour lui.— Maréchal et maréchale de Lorges à Landau, et le maréchal de Joyeuse fort orès des ennemis.

[4695] DISTRIBUTION DES AltVÉES. S47

— Sitaatioa des trmées. — Marchai de Joyeuse repasse le Khin.

— Traité de Casai. —Bombardements aux cdtes; succès à la mer. -> Siège de Namur par le prince d*Oran|^; maréchal de BoufBers s>i jette. — Vaudemont et son armée échappés au plus grand danger.

— Maréchal de Villeroy habile et heureux courtisan. — La Vienne^ premier Talet de chambre ; sa fortune. — Le Roi, outré d^ailleurs, rompt sa canne à Marlj sur un bas Talet du serdeau. — Reddition de la Tille de Namur. — Deinse et Dixmude pris; Bruxelles fort bombardé. — Reddition dn chftteau de Namur. — Guiscard cheTalier de Tordre. —Maréchal de BoufBers duc vérifié. — Mai*échal de Lorges, de retour à son armée, tombe en apoplexie.

Les armées et les corps séparés eurent les mêmes généraux que Tannée précédente, excepté que le maréchal de Villeroy succéda au maréchal de Luxembourg, et eut M. le duc de Chartres pour général de la cavalerie, les deux princes du sang et M. du Maine pour lieutenants généraux parmi les autres, et le comte de Toulouse servant à la tôte de son régiment.

M. de Noailles, brouillé avec le Roi jusqu'à être presque perdu par Tartifice de Barbezieux que j'ai raconté p. 57 ', sur le projet manqué du siège de Barcelone, n'avoit pu se faire écouter de tout Thiver sur la noirceur qui Tavoit accablé. Il comprit le danger d'une situation si forcée à la tête d'une armée, si même il la pouvoit obtenir, et jugea sagement que, parvenu au bâton de maréchal do France, il n'y avoit de bon parti pour lui que de se raccommoder solidement avec le Roi par un sacrifice qui lui scroit agréable, et de demeurer à la cour avec une faveur renouvelée, et à l'abri d'un ennemi avec qui il n'auroit plus à compter. Trop rusé courtisan, quoique d'ailleurs fort lourd, pour ne pas sentir l'essor du goût du Roi pour les bâtards par tout ce qu'il venoit de faire pour eux, et son peu d'inclination à rien faire pour Monsieur le Duc et M. le prince de Conti, il avisa à se rétablir pleinement dans les bonnes grâces du Roi, en flattant son goût pour les uns et lui ouvrant une porte qui le tireroit d'embarras avec les autres.

1. C'est aux pages 58 et 89 de son manuicrit que Sain^Simon aurait dft renvoyer : voyez ci-dessus, p. 215^18.

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