BRUS, ARCHEVÊQUE DE CAMBRAT
aux carosses même des évèques. — Harlay, archevèqne de Paris ; dégoûts de ses dernières années. — Sa mort. — Sa dépouille.— Goislin, évêque d'Orléans, nommé au cardinalat. — Noailles, évèque-comte de Ghàlons, archevêque de Pai'is, et son frère évèque-comte de Châlons. — Régularisation de la Trappe. — Évèque-duc de Langres, Gordes ; sa mort. — Abbé de Tonnerre évèque-duc de Langres ; sa modestie. — M. le maréchal de Lorges ne sert plus. — Forte picoterie des princesses.
Avant de parler de ce qui se passa depuis mon retour de Tarmée, il faut dire ce qui [se] passa à la cour pendant la campagne. M. de Brias, archevêque de Cambray, étoit mort, et le Roi avoit donné ce grand morceau à Fabbé de Fénelon, précepteur des enfants de France. Brias étoit archevêque lorsque le Roi prit Cambray. G'étoit un bon gentilhomme flamand, qui fit très-bien pour TEspagne pendant le siège, et aussi bien pour la France aussitôt après. Il le promit au Roi avec une franchise qui lui plut, et qui toujours depuis fut si bien soutenue de Tefifet, qu'il s'acquit une considération très-marquée de la part du Roi et de ses ministres, qui tous le regrettèrent et son diocèse infiniment. Il n'en sortoit presque jamais, le visitoit en vrai pasteur, et en faisoit toutes les fonctions avec assiduité. Grand aumônier, libéral aux troupes, et prêt à servir tout le monde, il avoit une grande, bonne et fort longue table tous les jours; il l'aimoit fort, et en faisoit grand usage, et en bonne compagnie, et à la flamande, mais sans excès, et s'en levoit souvent pour le moindre du peuple qui Tenvoyoit chercher pour se confesser à lui, ou pour recevoir sa bénédiction et mourir entre ses bras, dont il s'acquittoit en vrai apôtre.
Fénelon étoit un homme de qualité qui n'avoit rien, et qui, se sentant beaucoup d'esprit, et de cette sorte d'esprit insinuant et enchanteur, avec beaucoup de talents, de grâces et du savoir, avoit aussi beaucoup d'ambition. Il avoit frappé longtemps à toutes les portes sans se les pouvoir faire ouvrir. Piqué contre les jésuites, où il s'étoit adressé d'abord comme aux maîtres des grâces de son état, et rebuté de ne pouvoir prendre avec eux, il se tourna