CONTRE LE DUC DE LA ROCHEFOUCAULD
et que le Roi fit pour Guitri, tué au passago du Rhin» auquel M. de la Rochefoucauld succéda. Monsieur d*Orléans, premier aumônier, qui a sa place au prie-Dieu, mais point ailleurs, s'étoit peu à peu accoutumé à so mettre auprès du grand chambellan, et comme il éioit fort aimé et honoré, on Tavoit laissé faire sans lui dire mot. C'étoit celle que le Roi donna à M. de la Rochefoucauld. Monsieur d'Orléans, qui à force de s'y mettre la vouloil croire sienne, fit les hauts cris comme si elle Teùt été. et n'osant se prendre au Roi, qui venoit de le nonnuer si gracieusement au cardinalat, se brouilla ouvertement avec M. de la Rochefoucauld, jusqu'alors et de tout temps son ami particulier. Les envieux de sa faveur, qui ne manquent point dans les cours, firent grand bruit. Monsieur le Grand surtout et ses frères. Ils étoient, eux et le duc do Coislin, et Monsieur d'Orléans, et le chevalier de Coislin, enfants du frère et de la sœur; ils avoient toujours vécu sur ce pied-là avec eux, et s'étoient surtout piqués d'une grande amitié pour Monsieur d'Orléans. Monsieur le Grand étoit l'émule de la faveur de M. de la Rochefoucauld, et fort jaloux l'un de l'autre. N'osant aller au Roi, ils excitèrent Monsieur, dont le chevalier de Lorraine disposoit : bref toute la cour se partialisa, et Monsieur d'Orléans l'emporta pour le nombre et pour la considération des personnes qui se déclarèrent pour lui. Le Roi tâcha inutilement de lui faire entendre raison. M. de la Rochefoucauld, vraiment affligé de perdre son amitié, fit fort au delà de ce dont il étoit ordinairement capable; des amis communs s*entremirent : Monsieur d'Orléans fut inflexible, et quand il vit que tout cet éclat n*aboutissoit qu*à du bruit, il 8*en alla bouder dans son diocèse.
Le pubhc perdit bientôt après un homme illustre par son esprit, par son style et par la connoissance des hommes, je veux dire la Bruyère, qui mourut d'apoplexie à Versailles, après avoir surpassé Théophraste en travaillant d'après lui, et avoir peint les hommes de notre temps, dans ses nouveaux Caractères, d'une manière inimitable. G*étoit
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d'ailleurs un fort honnête homme, de très-honne oompsgnie, simple, sans rien de pédant, et fort désintéressé. Je Tavois assez connu pour le regretter, et les ouvrages •que son âge et sa santé poirvoient foire espérer de lui.
D*Aquin, ci-derant premier médecin du Roi, ne pgttsarvÎYre longtemps à sa disgrâce : il alla chercher à prolonger ses, jours à Vichy, et y mourut en arrivant, et ayec lui sa famille, qui retomba dans le néant
L*Espagne perdit la Reine mère, d*un cancer* Citoitune méchante et malhabile femme, toujours gouv^'née piu* quelqu'un, qui remplit de troubles la minorité du Roi son fils. Don Juan d'Autriche lui arracha le Êimeux Vasconcellos, puis le jésuite Nîtard, son confesseur, qu'elle consola par l'ambassade d^Espagne à Rome, n'étant que simple jésuite, et le fit cardinal uprès, mais sans avoir pu le rapprocher d'elle. Elle régna avec plus de tranquillité sons le nom de son fils, devenu majeur, et rendit fort malheureuse hi fille de Monsieur, que ce prince avoit épousée. À la fin, son mauvais gouvernement, et plus encore son hiuneur altîère, qui lui avoit aliéné toute la cour, refroidit le Roi pour elle, sur qui elle l'exerçoit avec peu de ménagement, et elle alla passer ses dernières années dans un palais particulier dans Madrid, peu comptée et peu considérée. EUe haïssoit extrêmement la France et les François. Elle étdt sœur de l'Empereur et seconde femme de Phihppe IV, qui de sa première femme, fille d'Henri IV, avoit eu notite reine Marie-Thérèse, en sorte que le Roi en drapa * pour un an sans regret.