‹ Mémoires du duc de Saint-Simon publiés (volume 4)Chapitre 263 sur 344 · ET LE DCC 1» CRACLNES · texte numérisé non relu

ET LE DCC 1» CRACLNES

ment de part et d'autre. Au plus fort de ces intrigues^ Hariay vint de Versailles descendre chcs sa dame^ qui trouva son récit si important, qu'elle exigea de lui do motire par écrit toute sa découverte, tandis qu'elle écriroH à part à Pontchartrain, pour ne lui pas envoyer un volume sous la même enveloppe. Hariay étoit las; il fallut obéir ot écrirt> chez cette femme : l'écriture fut longue et détaillée. Le cabacet^ s'échauffa, sa tête se remplit du nom de M. do Chaulnes, tellement et si bien qu'il cachette sa lettre, mit le dessus à M. de Chaulnes au lieu de M. do Pontchartrain, et comme il étoit jour de poste et que l'heure prossoit, s*en va et la donne à un laquais pour la mettre à la poste, et se couche très-fatigué. On peut juger de la surprise do M. de Chaulnes, qui connoissoit parfaitement récriture de M. d'Harky, sur l'amitié intime et le secours duquel il comptoiten toute confiance, et personnellement et par rapport au chancelier, quand il se vit trahi de la sorte, et la douleur de Pontchartrain de ne point recevoir les avis importants d'Harlay, annoncés par la lettre de son amie. Ils ne surent ce que la lettre étoit devenue; mais Hariay se souvint de sa méprise, fut outré, mais n'osa en avertir.

Le voilà dans une peine étrange de la juste colère de M. de Chaulnes et de l'usage qu'il feroit de sa trahison. Il se voyoit perdu auprès de son beau-père, et pour le monde dans un prédicament* à le noyer, et en môme temps bien ridicule à son âge. Son parti fut le silence et d'attendre la bombe. M. de Chaulnes, de son côté, sut [)rofltcr d'une «i lourde méprise, et ne sut pas moins n'en faire aucun semblant. Hariay, aux écoutes, tr'^mbloit à chaque ordl" naire de Bretagne, et respiroit jusqu'au suivant; mais il transit lorsqu'il sut M. de Chaulnes en chemin de Paris.

n avoit accoutumé, les premiers jours de ses retours à Paris, de donner à dîner au chancelier et à sa famille avc^i quelques amis les plus particuliers. Jusque-là Hariay avoit caracolé pour éviter partout M de Chaulneftt ^t pour Taller

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