U y a bien, au manuscrit, les accabloit, au singulier
ii4 EMBARRAS DBS JÉSmiBS, [fC97j
ne les méttageoit en rien, et qu'ils n*ftToientîaiiittLB pa ni Fadoucir ni être sooteniis contre lui en aucune iKxasian.
Leur partialité aroit donc été aperçue : elle Iéé appré hernie; on voulut les contenir; on en parla aa Rai. On lui montra Tapprobation du P. de la Cbaise^ et ëo P. Valois, confesseur des princes, du livre de Monsieur de Gambray ; on mit le Roi en colère, et ii B*en expliqua duronent à ces denx jésuites. Les supérieurs, ioaipiiieta des suites que cela pourroit avoir pour le confessionnal du fiki et des princes, et par conséquent pour toute la socîélé, en consultèrent les gros bonnets à quatre vceux; et le résoltat fut qu'il fiUoit céder id à ]f orage, sans changer de prajets pour Rome. C*étoit le carême^ le P. la Rue prêchoit éevant le Roi : on fut donc tout à coup surpris que, le jaor de TAnnonciation, ses trois points finis, et an moment de donner la bénédiction et de sortir de ehaire, il demanda permission au Roi de dire an mot contre des extravi^^anis et des fanatiques qui décrioient les voies communes de k piété, autorisées par un usage constant et aj^rouvées de TËglise, pour leur en substituer d*erronées, nouvelles, etc^ et de là prit son thème sur la dévotion à la sainte Vierge, parla avec le zèle d*un jésuite commis par sa société pour lui parer un coup dangereux, et fit des peintures d'après nature par lesquelles on ne pouvoit méconnoître les principaux acteurs pour et contre. Ce supplément dura une demi-heure, avec fort peu déménagement pour les exinressions, et se montra tout à fait hors d'œuvre. M. de Beaur villier, assis derrière les princes, Fentendit tout du leag, et il essuya les regards indiscrets de toute la cour présente. Le même jour, le fameux Bourdaloue et le P. Gaillard firent retentir les chaires qu'ils remplissoient dans Paris des mêmes plaintes et des mêmes instrudians, et jusqu'au jésuite qui prêehoit à la paroisse de Versailles Ri fit autant.
La vérité est que le P. Bourdaloue, aussi droit en Inîmême que pur dans ses sermons, n'avoit jamais pu goûter ce qu'alors on nommoit quiétisme. Car, que la doctrine
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de Monsieur de Cambray et de M"* Guyon, pour la défense dé laquelle il avoit uniquement fait ses Âfarim^ des samit, ttt ou ncm quiétîste, ni en quel degré, ou point du tout, c*est ce que je n*entreprends pas de décider; mais passant, bien ou mal, pour telle, on lui en donnoit aussi le nom, et à ceux qui lui étoîent attachés; et comme il faut des noms dans le langage pour s'expliquer et pour s^entendre sans circonlocutions, c^est aussi le terme dont je me sendrai aTec le public, pour me âûre entendre, sans prétendre qu'il ait une Traie ni une fllusse application à la doctrine ou aux gens dont il s'agit. Le P. Gaillard étoit encore plus loin de les approuver : il étoit soupçonné , jusque dans sa compagnie, de n'en porter que Thabit; il y a eu plus d'une fois besoin d'apologie, et il n'y a dû son repos et les supériorités qu'il y a eues qu'à sa réputation et au nombre d'amis illustres qu'elle lui avoit faits, et encore à la politique de la société, qui par une conduite opposée ne vouloit pas donner cette prise sur ello, on donnant force à l'opinion que le P. GailFard fût plus jan* séniste en effet que jésuite. Je dis et dirai dans la suite iansénisfe et jansénisme^ si l'occasion se présente do parler de ceux qui sont réputés tels, par les mèmus raisons et avec la même protestation que je viens d'écrire sur les quiétistes. Enfin le P. de la Rue, jésuite do tous points, fut dirigé par ses supérieurs, et passa toujours pour nager entre deux eaux, entre le gros de la société, qui uppuyoit les quiétistes, et quelques particuliers qui leur étoiont effectivement contraires. G^ fit même une espèce de scission entre eux, dont, par politique, ils ne furent po» fâehés» mais qui embarrassa étrangcmont le P. Valois et le P. de la Chaise, que l'habitude, l'amitié et l'ancienne confiance du Roi tirèrent plus d'affaire que son adresse, et Testime et l'affection que sa douceur, ses bons choix, et toute sa conduite lui avoit acquise, et qui avoit fkit qu'il n^avoit presque point d^ennemis.
Dans ces circonstances. Monsieur de Meaux publia son Instruction tvar les étais ^oanisMk^ en deux volumei io-
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octavo, la > présenta au Roi, aux personnes principales de la cour, et à ses amis. C'étoit un ouvrage, en partie dogmatique, en partie historique, de tout ce qui s'étoit passé depuis la naissance de TafFaire jusqu'alors, entre lui, Monsieur de Paris et Monsieur de Chartres, d'une part; Monsieur de Gambray et M"* Guyon, de Tautre. Cet historique très-curieux, et où Monsieur de Meaux laissa voir et entendre tout ce qu'il ne voulut pas raconter, apprit des choses infinies, et fit lire le dogmatique. Celui-ci, clair, net, concis, appuyé de passages sans nombre et partout de FÉcriture et des Pères ou des conciles, modeste, mais serré et pressant, parut un contraste du barbare, de Fobscur, de Fombragé, du nouveau, et du ton décisif de vrai et de faux des Maximes des saints; et les dévora aussitôt qu'elle parut '. L'un, comme inintelligible, ne fut lu que des maîtres en Israël; Fautre, à la portée ordinaire, et secouru de la pointe de Fhistorique, fut reçu avec avidité et dévoré de même. Il n'y eut homme ni femme à la cour qui ne se fît un plaisir de le lire et qui ne se piquât de Favoir lu, de sorte qu'il fit longtemps toutes les conversations de la cour et de la ville. Le Roi en remercia publiquement Monsieur de Meaux. En même temps, Monsieur de Paris et Monsieur de Chartres donnèrent chacun une instruction fort théologique, en forme de mandement, à leur diocèse, mais qui fut un volume, surtout celui de Monsieur de Chartres, dont la profondeur et la soUdité Femporta sur les deux autres, au jugement des connoisseurs, et devint V la pierre principale contre laquelle Monsieur de Cambray / se brisa. P^
Ces deux livres, si opposés en doctrine et en style, etr" si différemment accueillis dans le monde, y causèrent un p grand fracas. Le Roi s'interposa, et obligea Monsieur de Cam- r^t bray à souffrir que le sien fût examiné par les archevêques l^f
de Reims et de Paris, et par les évêques de Meaux, Cha^ très, Toul, Soissons et Amiens, c'est-à-dire par ses adve^