DUCHÉS DE LORRAINE ET DE BAR
Voilà bien de la disgression; mais on verra dans la suite combien elle est nécessaire pour Féclaircissement et le dévoilement de ce qui se présentera à raconter : ces personnages remueront bien des choses qui ne se pourroient entendre sans cette clef. Je l'ai donnée au;i approches du besoin, et lorsque j'en ai trouvé Toccasion. Revenons maintenant à M. de Vaudemont.
Ce que j'ai expliqué p. 275 * de ses deux importantes nièces est si éloigné de l'endroit où nous sommes, que j'ai cru devoir les remettre ici devant les yeux sans craindre quelque sorte de répétition, par les choses si importantes où on les va voir figurer. La même raison me fait négliger la même crainte sur M. de Vaudemont, pour remettre ici sommairement sous le même coup d'œil ce qui se trouve épars en trop de différents endroits. C'est un éclaicissement nécessaire pour répandre la lumière sur ses prétentions par sa naissance, et sur les grâces prodigieuses qu'il tira des cours de France et d'Espagne, qu'il ne dut pas à ce qu'il en avoit mérité.
Charles II, mais ordinairement dit III, duc de Lorraine, si connu pour avoir eu l'honneur d'épouser, 1558, la seconde fille d'Henri II et de Catherine de Médicis, et plus encore par tout ce que cette reine mit en œuvre pour le faire succéder à la couronne après ses enfants, au préjudice d'Henri IV, son autre gendre, et de toute la branche royale de Bourbon, eut, sans parler des filles, trois fils de ce mariage ; H. qu'il eut l'honneur de marier, en 1599, à la sœur d'Henri IV, si connu aussi par tout ce qu'il mit en usage pour faire rompre ce mariage, que les belles lettres du cardinal d'Ossat expliquent si bien, qui la perdit sans enfants en 1604, qui se remaria en 1606 à une fille du duc Vincent de Mantoue, d'où est venue à leur postérité la prétention du Monferrat. Il succéda à son père en 1608, et mourut en 1624, ne laissant que deux filles, Nicole et Cl.-Françoise. Le second fut Ch., cardinal, évêque de Metz