PILLAGES ET AL'DACE DE VILLAHS
entra en Franconie, se fit rendre par la ville d'Ulm d'Argelot, brigadier, et grand nombre d'autres prisonniers, retenus là de la bataille d'Hochstedt, et tira d'ailleurs avec une facilité merveilleuse autres huit cents prisonniers d'Hochstedt, trente-cinq pièces de canon, et grande abondance de vivres et de iimnitions de guerre. En même temps, il n'oublia pas le<i contributions : outre les sommes immenses qu'il avoit tirées du Palatinat et des pays de Baden et de Wurtemberg, il poussa Broglio par la Franconie, ïmécourt et la Vallière par l'autre côté du Danube. 11 en eut des trésors par delà toute espérance. Gorgé ainsi au conspect de toute l'Allemagne ^ et de toute son armée, il n'espéra pas qu'un si prodigieux brigandage pût demeurer inconnu : il paya d'effronterie, et manda au Roi qu'il avoit fait en sorte que son armée ne lui coûteroit rien de toute la campagne, mais qu'il espéroit aussi qu'il ne trouveroit pas mauvais qu'elle aidât à le défaire d'une petite montagne qui lui déplaisoit à Villars. Un autre que lui auroit été déshonoré d'une part, perdu de l'autre; cela ne fit pas le plus petit efifet contre lui, sinon du public, dont il ne se mit guère en peine. Ses rafles faites, il ne songea plus qu'à se tirer du pays ennemi et à repasser le Rhin.
Le duc d'Hanovre, en joignant l'armée impériale à la fin de septembre, qui s'étoit grossie, trouva tous ces pays dans le dernier désespoir. Il essaya donc d'embarrasser Villars dans son retour, pour tâcher à l'écorner ' et à lui faire rendre gorge. Vivans, lieutenant général, se trouva campé près d'Offenbourg avec quinze escadrons; Mercy prit par derrière les montagnes avec trois mille chevaux, fit plus de trente lieues en quatre jours, et par un grand brouillard tomba à la pointe du jour sur Vivans, qui n'en avoit eu nul avis. 11 monta à cheval, rassembla à peine huit cents chevaux, mit la petite rivière entre les ennemis