DU VIEUX LORD 6REFFIN
surer que son âge, sa religion, ni la douleur de se voir si maltraité, ne Tempêcheroient pas de suivre le Roi, et de le servir jusqu'au dernier moment de sa vie*, de manière à faire honte à la Reine; et de ce pas vint à Versailles demander un cheval et cent louis à M. le comte de Toulouse, et tout de suite piqua droit à Dunkerque, où il s'embarqua avec les autres.
On arrêta, en divers endroits de Dunkerque, onze hommes que le gouverneur d'Ostende y avoit envoyés pour être exactement informé de tout ; il y en avoit un douzième, qui se cacha si bien dans la ville qu'on ne le put trouver; mais, lors de cette capture, le roi d'Angleterre étoit à la voile. Il essuya le soir même une furieuse tempête, après laquelle il mouilla derrière les bancs d'Ostende.
Deux fois vingt-quatre heures après le départ de notre escadre, vingt-sept vaisseaux de guerre anglois parurent devant Dunkerque. Beaucoup de troupes angloises marchèrent vers Ostende, et des hoUandoises vers la Brille, pour se mettre en état de passer la mer. Rambure, lieutenant de vaisseau, qui commandoit une frégate, fut séparé de l'escadre par la tempête ; il fut obligé de relâcher aux côtes de Picardie, d'où, dès qu'il le put, il se remit après l'escadre, qu'il crut déjà en Ecosse : il fit donc route sur Edimbourg, et ne trouva aucun vaisseau dans toute sa traversée. Comme il approchoit de Tembouchure de la rivière, il vit la mer couverte de barques et de petits bâtiments, qu'il ne crut pas pouvoir éviter, et dont il aima mieux s'approcher de bonne grâce. Les patrons, lui dirent que leur roi devoit être arrivé, qu'ils n'en avoient point de nouvelles, qu'il étoit attendu avec impatience, que ce grand nombre de bâtiments venoit audçvant de lui et à sa découverte, qu'ils lui amenoient des pilotes pour le faire entrer dans la rivière et le conduire à Edimbourg, où tout étoit dans l'espérance et la joie. Rambure, également surpris que l'escadre qui portoit le roi d'Angleterre n'eût point encore paru, et de la publi-