LIVRE DIXIÈME
que si les convives sont sages , il y en a suffisamment pour eux ; s'ils ne le sont pas , je me passe sans peine de leur compagnie. i
Au sortir du dîner, j'entrais dans ma grande salle, où l'on savait que je donnais une audience réglée, et qui, par cette raison, était toujours remplie à cette heure. Tout le monde y était admis , et si l'audience était libre , la réponse n'était pas moins prompte : en cela mon goût secondait l'intention de sa majesté. Je commençais par les ecclésiastiques de l'une et de l'autre religion. Les gens de la campagne qui restaient les derniers n'y perdaient qu'un peu d'attente. Je faisais en sorte que tout le monde fut expédié avant que je me retirasse. J'envoyais même avertir de s'approcher ceux qui avaient laissé passer l'heure dans la cour ou dans le jardin. Si la chose qu'on me proposait était juste et dépendait de moi, en deux mots j'en promettais l'exécution. Si elle était injuste, j'en faisais quelque reproche avec politesse, et je me défendais honnêtement de m'en mêler. Si elle me paraissait douteuse ou compliquée, j'appelais un intendaQt ou im de mes secrétaires , que je chargeais des papiers qui en pouvaient donner l'éclaircisseipent , et je faisais en sorte que l'expédition que j'en promettais dans la semaine fut achevée • dans ce temps-là. Quelque épineuse- sttkm, le conseil auquel