PAR THOMAS
UiTE triste ]expérience atteste à tous les pays et à tous les. siècles , que le genre humain est injuste envers 1^ grands hommes. Nous ne pardonnons pas^à(cetix ^gfrnoûs ; htôj^^lteiit. Tout ce qui est grand accahle hojtre fiulÀ^sis^;^ postérité plus juste dépouille fie carac^ré.' îln tombeau met un intervalle iminense entre l'homme qui juge et ce<* lui qui est jugé. C'est là que l'envie se tait, que les persécutions cessent, que les petits intérêts^ s'évanouissent. Peu à peu les passions disparaissent, et la vérité surnage. A mesure cju'on s'est éloigné de Sully , la gloire de ce grand homme a été mieux reconnue. On a mieux vu le bien qu'il a fait, lors* qu'on a cessé d'en jouUr : on a plus admiré ses ressources, lorsqu'on a eu les mêmes besoins. Sa réputatioB, Jaible d'abord et incertaine, est devenue ce qu'elle devait être ; semblable à ces arbres qui , nés au milieu des orages, se fortifient par les secousses, et s'affermissent par le temps. Ainsi,
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pour louer ce ministre, je n'aurai besoin que d'écouter la renommée. La tcmx des siècles me dictera ce que je dois écrire.
Malheur à l'écrivain qui £adt de Tart de penser un trafic de flatterie! Ce n'est point ici l'éloge d'un homme; c'est une leçon pour les états et pour l'humanité entière. Mais surtout , s'il y avait ua pays où les désordres et les malheurs fussent les mêmes, où les abiis fussent changés en lois, les mcpurg corrompues par l'avilissement, les ressorts de l'étal' relâchés par la mollesse, ce serait pour ce pays que j'écrirais. En développant k^ talens de Sully , je montrerais de grandes ressources; en peignant ses vertus , j'offirinds un graûd exemple.
Je n'ignore point qu'il y a des temps où celui qui ose louer la vertu est regardé comme l'ennemi de son siècle : mais je serais indigne de parler de Sully , si cette crainte pouvait m'arréter. Ayons du moins le courage de bien dire, dans. un siècle où si peu d'hommes ont le courage de bien £aire. Les hommes vertueux m'en sauront gré ; et l'indignation du vice sera encore un nouvel âoge pour moi.
Vous ne serez point séparé de cet éloge , ô vous, tendre ami de Sully, vous, le plus ^rand des rois et le meilleur des ûiaîtres, vous, dont «un citoyen ne peut prononcer le «om seiis attendrissement ! Ah! si vos cendres pouvaient se ranimer, vous
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peindriez vous-même Sully avec cette éloquence simple«ét guerrière qui vous était propre,. et Sully serait^ mieux -loué qu'il ne po tir rat l'être par les plus grands orateurs.