‹ Mémoires du général Bon de Marbot (volume 2)Chapitre 57 sur 176 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

La retraite est décidée. — Surprise du corps de Sébastiani. — Combat de Malo-laroslawctz. — Retour sur Mojaïsk et la Moskova. — Baraguey d'Hilliers met bas les armes. — Je suis nommé colonel. — Retraite héroïque du maréchal Ney,

A Moscou, la situation de Napoléon s'aggravait de jour en jour. Le froid sévissait déjà avec rigueur, et le moral des soldats Français de naissance était seul resté ferme. Mais ces soldats ne formaient que la moitié des troupes que Napoléon avait conduites en Russie. Le surplus était composé d'Allemands, de Suisses, de Croates, de Lombards, de Romains, de Piémontais, d'Espagnols et de Portugais. Tous ces étrangers, restés fidèles tant que l'armée avait eu des succès, commençaient à murmurer, et, séduits par les proclamations en diverses langues dont les agents russes inondaient nos camps, ils désertaient en grand nombre vers l'ennemi, qui promettait de les renvoyer dans leur pays.

Ajoutons à cela que les deux ailes de la Grande Armée, uniquement composées d'Autrichiens et de Prussiens, ne se trouvaient plus en ligne avec le centre, comme au commencement de la campagne, mais étaient sur nos derrières, prêtes à nous barrer le passage au premier ordre de leurs souverains, anciens et irréconciliables ennemis de la France!... La position était des plus critiques, et, bien qu'il dût en coûter beaucoup à l'amourpropre de Napoléon d'avouer au monde entier, en se

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