PREMIERS FAITS D'ARMES
je plaçai au milieu de mon détachement; puis, abandonnant tous les autres Barco, je m'éloignai au galop, en contournant de nouveau le village.
Bien me prit de faire prompte retraite, car, ainsi que je l'avais prévu, les fuyards avaient couru prévenir les cantonnements voisins, auxquels le bruit de la fusillade avait déjà donné l'éveil. Tous prirent les armes, et unç demi-heure après, il y avait plus de quinze cents cavaliers sur les rives du petit étang, et plusieurs milliers de fantassins suivaient de près; mais nous étions déjà à deux lieues de là, nos blessés ayant pu soutenir le galop. Nous nous arrêtâmes un instant sur le haut d'une colline pour les panser, et nous rîmes beaucoup, en voyant au loin plusieurs colonnes ennemies se mettre sur nos traces, car nous avions la certitude qu'elles ne pouvaient nous joindre, parce que, craignant de tomber dans une embuscade, elles n'avançaient que fort lentement et en tâtonnant. Nous étions donc hors de danger. Je donnai à Pertelay deux housards des mieux montés et le fis partir au galop pour aller prévenir le général Seras du résultat de notre mission ; puis, remettant le détachement dans l'ordre le plus parfait, nos prisonniers toujours au centre et bien surveillés, je repris au petit trot le chemin de l'auberge.
Il me serait impossible de décrire la joie de mes camarades et les félicitations qu'ils m'adressaient pendant le trajet; tous se résumaient en ces mots qui, selon eux, exprimaient le necphis ultra des éloges : « Tu es vraiment digne de servir dans les housards de Bercheny, le premier régiment du monde! »
Cependant, que s'était-il passé à Santo-Giacomo pendant que je faisais mon expédition? Après plusieurs heures d'attente, le général Seras, impatient d'avoir des nouvelles, aperçoit, du haut de la montagne, de la fumée
à l'horizon; son aide de camp place l'oreille sur un tambour posé à terre, et par ce moyen usité à la guerre, il entend le bruit lointain de la mousqueterie. Le général Seras, inquiet, et ne doutant plus que le détachement de cavalerie ne soit aux prises avec l'ennemi, prend un régiment d'infanterie pour se porter avec lui jusqu'à l'auberge. Arrivé là, il voit sous le hangar un cheval de housard attaché au râtelier : c'était celui du maréchal des logis Canon. L'aubergiste paraît, le général le questionne et apprend que le sous-officier de housards n'a pas dépassé l'auberge, et qu'il est depuis plusieurs heures dans la salle à manger. Le général y entre, et que trouvet-il? M. Canon endormi au coin du feu, et ayant devant lui un énorme jambon, deux bouteilles vides et une tasse de café! On réveille le pauvre maréchal des logis; il veut encore s'excuser en parlant de son indisposition subite; mais les restes accusateurs du formidable déjeuner qu'il venait de faire, ne permettaient pas de croire à sa maladie; aussi le général Seras le traita-t-il fort rudement. Sa colère s'augmentait à la pensée qu'un détachement de cinquante cavaliers, confié à la direction d'un simple soldat, avait probablement été détruit par l'ennemi, lorsque Pertelay et les deux housards qui l'accompagnaient arrivèrent au galop, annonçant notre triomphe et la prochaine arrivée de dix-sept prisonniers. Comme le général Seras, malgré cet heureux résultat, accablait encore M. Canon de reproches, Pertelay lui dit avec sa rude franchise : « Ne le grondez pr-s, mon général, il est si poltron que, s'il nous eût conduits, jamais l'expédition n'eût réussi! » Cette manière d'arranger les choses aggrava naturellement la position déjà si fâcheuse de M. Canon, que le général fit aussitôt arrêter.
J'arrivai sur ces entrefaites. Le général Seras cassa le pauvre M. Canon, et lui fit ôter ses galons en présence du
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régiment dinfantene et des cinquante housa,ds- puis venant a mo., dont il ignorait le nom, il me dit . Vous' avez parfaitement rempli une mission qu'on ne confle ord,nanx.mentquà desofficers; je regrette que les "ou vons d'un général de division n'aillent pas jL^u'a ouvo r faire un sous-lieutenant; le général en chef se K. cette faculté; je lui demanderaicegradepour vous mais en attendant, je vous nomme .» J<«a/ L l^^lTu
devant le détachement. Pour remplir cette formalité, aide de camp dut me demander mon nom, et ce fut seu ement alors que le général Seras apprit qu j'^ai^ le "h
cett"rnr"'*' " ''"''''' '''''''■ "^ '- ^ien aise d ctte aventure, puisqu'elle devait prouver à mon père que la faveur n avait pas décidé ma promotion.