VANDAMME PRISONNIER
guerre'; mais déjà Tarmée française, accablée sous le nombre immense des ennemis que Napoléon avait soulevés contre lui, en était arrivée à un tel point d'épuisement que, si l'Empereur eût voulu punir tous ceux qui manquaient de zèle, il eût dû renoncer à se servir de presque tous les maréchaux. Il se borna donc à réprimander Saint-Cyr et Mortier, parce qu'il avait plus que jamais besoin de cacher ses désastres. En effet, ce n'était pas seulement à Kulm que ses troupes avaient éprouvé dos revers, mais sur tous les points de l'immense ligne qu'elles occupaient.
' M. Thiers (t. XVI, p. 351), examinant la part do responsabilité qu'ont pu avoir dans ce désastre les maréchaux Saint-Cyr et Mortior, ainsi que l'Empereur lui-même, s'exprime ainsi :
« Dans la stricte observation de ses devoirs, destiné à être dirigé « sur un point ou sur un autre, il était naturel que le maréchal « Mortier attendît dans une complète immobilité l'expression des « volontés de Napoléon, et ([uant à l'ordre précis de secourir Van- « damme avec deux divisions, cet ordre ne lui arriva que dans le « courant de la journée du 30, c'est-à-dire à une heure où la cata- « strophe était déjà accomplie. Il est donc absolument impossible « de s'en prendre à ce maréchal. »
Cette dépêche, signée du major général Berthier, est entre les mains du duc de Trévise. (Note de l'éditeur.)