‹ Memoires du general Bon de Marbot (volume 5)Chapitre 80 sur 178 · BRIGANDAGE ARMÉ · texte numérisé non relu

BRIGANDAGE ARMÉ

los larcins isoles devinrent fort difficiles, ils résolurent de travailler en grand. Pour cela, ils s'organisèrent en bandes, jetèrent leurs casques, se coiffèrent de bonnets de paysans, et, se glissant hors des bivouacs dès que la nuit était close, ils se réunissaient sur un point donné, et, revenant ensuite vers nos camps en poussant le cri de guerre des Cosaques : « Hourra! hourra! » ils portaient ainsi la terreur dans Fesprit des hommes faibles, dont beaucoup fuyaient en abandonnant effets, voitures et vivres. Alors les prétendus Cosaques, après avoir tout pillé, s'éloignaient et rentraient avant le jour dans la colonne française, où ils reprenaient le titre de Polonais, sauf à redevenir Cosaques la nuit suivante.

Cet affreux brigandage ayant été signalé, plusieurs généraux et colonels résolurent de le punir. Le général Maison fit faire si bonne garde dans les bivouacs du 2* corps, qu'une belle nuit nos postes surprirent une cinquantaine de Polonais au moment oij. s'apprêtant à jouer le rôle de faux Cosaques, ils allaient faire leur hourra de pillage!... Se voyant cernés de toutes parts, ces bandits eurent l'impudence de dire qu'ils avaient voulu faire une plaisanterie!... Mais comme ce n'était ni le lieu ni le moment de rire, le général Maison les fit tous fusiller sur-le-champ! On fut quelque temps sans voir des voleurs de cette espèce; mais ils reparurent plus tard.

Nous arrivAmes le 9 décembre à Wilna, où il existait quelques magasins; mais le duc de Bassano et le général Hogendorp s'étaient retirés vers le Niémen, et personne ne donnait d'ordre... Aussi, là comme à Smolensk, les administrateurs exigeaient, pour délivrer dos vivres et des vêtements, qu'on leur remît des reçus réguliers, ce qui était impossible à cause de la désorganisation de presque tous les régiments. On perdit donc un temps

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