MÉSINTELLIGENCE DES CHEFS DE CORPS
La guerre que nous faisions dans la Péninsule étant dirigée de Paris, il en résultait des anomalies vraiment incompréhensibles; ainsi, au moment où le major général prescrivait à Masséna au nom de l'Empereur de réunir toutes les troupes de son armée pour voler au secours d'Alméida, il ordonnait au comte d'Erlon, chef du 9' corps, faisant partie de cette même armée, de se rendre sur-lechamp en Andalousie pour y joindre le maréchal Soult. Le comte d'Erlon, ainsi placé entre deux destinations contraires, et comprenant que ses troupes seraient mieux dans les belles contrées de l'Andalousie que dans les arides provinces du Portugal, se préparait à partir pour Séville; mais comme son éloignement, en privant Masséna de deux belles divisions d'infanterie, l'aurait mis dans l'impossibilité de secourir Alméida, ainsi que l'Empereur l'avait prescrit, le maréchal s'opposa au départ du comte d'Erlon. Celui-ci insista, et nous vtmes se renouveler les déplorables contestations dont nous avions déjà été témoins l'hiver précédent au sujet du 9* corps. Enfin, sur les instances de Masséna, le comte d'Erlon consentit à rester jusqu'après le déblocus d'Alméida. Ces sollicitations d'un généralissime envers son inférieur constituaient un véritable contresens, et ne pouvaient qu'altérer la discipline militaire.
Cependant, les renforts promis par le maréchal Bessières n'étant pas encore arrivés à Salamanque le 21, Masséna, ne comptant plus que sur ses propres ressources pour forcer Alméida, se rendit à Ciudad-Rodrigo, où son armée fut concentrée le 26. Mais pour nourrir cette accumulation de forces, il fallut entamer l'approvisionnement de Rodrigo et compromettre ainsi le sort futur de cette place importante.
Nous n'étions qu'à trois lieues des Anglais. Ils entouraient la ville d'Alméida, avec laquelle nous ne pouvions
communiquer, et nous ignorions leurs forces,, mais on savait que Wellington s'était transporté derrière Badajoz avec un gros détachement de plusieurs divisions, et Masséna, espérant qu'il ne pourrait être de retour avant huit ou dix jours, voulut profiter de son absence et de celle d'une partie de l'armée ennemie, pour opérer le ravitaillement d'Alméida. Mais Wellington, informé du mouvement des Français, revint promptement sur ses pas et se trouva devant nous le lw mai. Ce fut un grand malheur; car il est probable que sir Spencer, chargé par intérim du commandement de l'armée anglaise, ce qui était au-dessus de ses forces, n'aurait pas osé prendre sur lui la responsabilité d'engager une bataille avec un adversaire tel que Masséna, et celui-ci aurait pu sans peine ravitailler Alméida.
Les soldats français, bien qu'ils ne reçussent depuis plusieurs jours qu'une demi-ration de mauvais pain et un quart de viande, demandaient néanmoins le combat, et leur allégresse fut grande lorsque, le 2 au matin, ils virent paraître une faible colonne des troupes du maréchal Bessières, qu'ils prirent pour l'avant-garde de l'armée du Nord. Mais ce renfort, si pompeusement annoncé et si longtemps attendu, se bornait à 1,500 hommes de cavalerie bien montés, six pièces d'artillerie et trente bons attelages; Bessières n'amenait ni munitions de guerre, ni provisions de bouche I... C'était une véritable déception I Masséna resta stupéfait, mais il se mit bientôt en colère en apercevant Bessières, qui conduisait lui-même un si faible secours I La présence de ce maréchal était en effet blessante pour Masséna. L'armée de Portugal, en rentrant en Espagne, se trouvait, il est vrai, dans les provinces soumises au commandement territorial de Bessières, mais elle était néanmoins indépendante de lui, iniquement aux ordres de Masséna, et parce que le
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maréchal Peiaièies prêtait quelques soldais à eduÉ-d, ce n'était pas ne raison pour qu'A Tînt en personne contrôler eu quelque aorte la conduite de son eoUèçue. Masséna le comprit, et nous dit en Toyaat apparaître Bessières : c E aurait beaucoup mieux fait de m'enrorer c quelques auUiers d'homme* de plus, ainâ qae des c munitions et des Tirres, et de rester an centre de ses c provinces, plutôt que d'examiner et de critiquer ee
c que je Tais faire! » Bcmiêres lut donc reçu très
froidement, ee qui ne rempécfaa pas de nhne constamment Maména pendant cette courte campagne et de donner «maris. L'armée se mit en mourement dansfaprésmîdi du 3 mai. et le 3. les hostilités commencèrent.
Ici se déroule une nourreHe série de fautes, provenant du mauvais vouloir de certains généraux esrera ¥ar séna, ans nue de la mésintefligence qui régnait entre