‹ Mémoires du Général Bon de MarbotChapitre 9 sur 203 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

1808. Je suis nommé aide de camp de Murât. — Nouvelles intrigues de Napoléon. — Révolution d'Àranjuez. — (Abdication de Charles IY. — Je sauve Godoy du massacre. — Entrée de Ferdinand VII à Madrid et départ pour Bayonne.

Dans le courant de janvier, Napoléon répoadit enfin au roi d'Espagne, mais d'une façon évasive; car, sans refuser positivement de donner au prince des Asturies la main d'une de ses nièces, il ajournait indéfiniment l'époque de ce mariage. La réception de cette réponse augmenta d'autant plus les craintes de la cour de Madrid, qu'elle apprit la marche de nouvelles troupes françaises vers la Catalogne et l'Aragon, ce qui, en comptant l'armée de Portugal, porterait à cent vingtcinq mille hommes les forces que l'Empereur allait avoir dans la Péninsule.

Enfin, Napoléon souleva une grande partie du voile qui avait caché ses projets. Sous prétexte d'envoyer des troupes sur la flotte française stationnée à Cadix, il fit avancer, en février, un nombreux corps d'armée vers Madrid, par où passe la route qui conduit de Bayonne à Cadix, et nomma le prince Murât généralissime de toutes les forces françaises qui se trouvaient en Espagne.

Je venais de passer plus de six mois à Paris, et bien que le maréchal Augereau, dont j'étais toujours aide de camp, fût loin de prévoir la guerre qui allait éclater dans la Péninsule, il ne jugea pas convenable, ni favo-

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