CHAPITRE XIX
Considérations sur la bataille d'Essling. — Larmes meurt entre
mes bras. — Séjour à Vienne.
Je vous ai promis de ne pas vous fatiguer par des détails stratégiques; cependant, la bataille d'Essling et les événements imprévus qui nous privèrent d'une victoire éclatante ayant eu un retentissement immense , je crois devoir laire quelques observations sur les causes qui amenèrent ce résultat, d'autant qu'elles ont été dénaturées par un Français, qui a imputé à l'Empereur des fautes qu'il n'a pas commises. M. le général Rogniat, dans son ouvrage intitulé : Considérations sur l'art de la guerre, prétend « qu'à Essling Napoléon ^ donna sans c réflexion dans un piège que lui tendit l'archiduc c Charles, en prescrivant au centre de son armée de c reculer, afin d'attirer les Français pendant qu'il faisait c couper les ponts, dont la destruction était préparée c d'avance parle général autrichien ». Non seulement cette assertion est contraire à la vérité, mais elle est absurde, ainsi que je crois l'avoir démontré dans la réponse critique adressée par moi au général Rogniat, en 1820.
En effet, si le prince Charles savait qu'il avait en son pouvoir le moyen de détruire les ponts, pourquoi ne les a-t-il pas fait briser le 21 au soir, lorsque le nombre des troupes françaises passées sur la rive gauche n'étant encore que de vingt-cinq mille hommes» il aurait eu la