CHAPITRE X
La Cour de Naples n'avait plus de national que le nom. Grâce à Acton, amant de la Reine et premier ministre, le gouvernement était anglais; grâce à Mack, généralissime, l'armée était autrichienne comme la Reine. Pour s'emparer du gouvernement, Caroline d'Autriche avait poussé son mari vers le penchant qu'il avait à se complaire dans le vice, et, si le moi craptde ne répugnait à ma plume, j'ajouterais que cette épouse royale y lança son royal époux (1). On ne s'étonnera donc pas quand je dirai que Ferdinand IV, le plus triste des souverains, se conduisit comme le plus trattre des alliés, le plus dangereux des voisins, le plus cruel des vainqueurs (2), mais qu'il fut heureusement le moins redou-
(1) \in vue de rinvasion» des camps de manœuvre avaient été formés; il arriva à la Reine d'y paraître en amazone, accompagnée par le Roi déguisé en écuycr; mais le plus souvent ils 8*y montraient, (.'lie en vivandière et lui en cabaretier. Ce n'est pas tout; on vit ce roi vêtu en marinier ou en échoppier vendre au coin des mes le poisson qu'il avait péché ou le gibier qu'il avait tué, et distribuer ensuite ii la population le prix de ses ventes. Mieux encore, la Reine, s'étant faite le ministre des débauches de son époux, lui arrangea un harem à San Lcucio. Des femmes de la cour, des filles de famille arracliées à leurs époux, à leurs mères, furent entraînées dans ce repaire, on pourrait dire de l'assassinat, car je n*ai pas entendu conlester à Naples ce fait, que plusieurs vict'unes sortirent du harem royal pour être jetées ensanglantées et expirantes sur la voie publique.
(2) C'était un traître allié, puisque, engagé dans la coalition d'ac-