‹ Mémoires du général Bon ThiébaultChapitre 238 sur 259 · PÈRES DE LA TRAPPE · texte numérisé non relu

PÈRES DE LA TRAPPE

que quatorze soldats, après avoir dîné dans le couvent, y ont commis tous ces crimes et qu'ils ont aussi volé tout ce qu'ils pouvaient porter. Nous prenons de ce témoin tous les renseignements possibles; je charge le capitaine rapporteur de se faire donner des échantillons du linge et de la marque du couvent, de TétofTe des habits des Pères; mais, sans aucun renseignement certain, évacuant cette partie de l'Italie et marchant sans séjour jusqu'en Toscane, nous ne pûmes rien découvrir.

Vers onze heures, ce domestique réunit encore et nous apporte du pain, du vin, un peu de jambon et de la salade, collation bien légère sans doute, mais qui, dans les dispositions où nous nous trouvions pour manger, nous fit mal à tous. Enfin on apporte des matelas qu'on place dans la pièce du fond où Pauline, sa fille et quelques femmes se retirent: quçint aux hommes, ils s'arrangent sur les bancs et sur le plancher de la première pièce. Avant d'y prendre place, j'étais encore allé visiter le vieillard et je lui avais conduit le domestique auquel j'ordonnai de ne pas quitter son supérieur. Nous ne pûmes, du reste, rien lui faire accepter, si ce n'est un peu d'eau fraîche; il convenait qu'il avait extrêmement soif. A différentes reprises, il demanda qu'on le laissât seul ; je le fis néanmoins visiter toute la nuit et plusieurs fois par le chirurgien. Prêt à mourir, il fit de petits cadeaux à ceux qui se trouvèrent auprès de lui, et expira vers sept heures du matin. Il avait cinq blessures, deux coups de baïonnette dans le corps, un coup de sabre sur la tète, un sur le bras droit et un dans la cuisse gauche

Dès que le jour parut. Le Roy, que j'avais laissé aui voitures, arriva. « Eh bien ! lui dis-je, quelle nouvelle?— Votre portrait a été retrouvé par une vivandière qui va vous le rapporter; quant aux voitures, elles viennent bien lentement. > La vivandière le suivait et reçut son sa-

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laire. Malgré mes souffrances, je pris un chenal et je me portai au-deTant des voitores. J^anÎTaî comme on Tenait d*abandonner celle de Scheel; je fis faire de ncaveaiix efforts: finalement cette Toitore, celle de Riccialli« U mienne et mon fourgon anÎTèrent au courent. Là je fis dételer et j'ordonnai pour les cheraux un repos de trois heures. Descendu de cheTal. je courus rejoindre Pauline; je la trourai revenant d'un éranouissement, souffrante et en pleurs; tant de fatigues, de priTations, d'horreurs, avaient épuisé sa résignation et ses nerft. A dix heures, les Toitures réattelées se remirent en marche. D ne restait plus* sur la route à suivre, qu'un houri>ier. et le cocher de RicciuUî t jeta sa Toiture; mais ce boarhier était si profond que les chevaux ne purent en avoir raison. (Test à ce moment que des grenadiers de la 30'. croyant que la voiture était à moi, à cause de l intérêt qu<? jV prenais, déposèrent leurs sa^. leurs armes et leurs hahxts. dételèrent les cheraux et enlevèivQt avec lears seuls hras cette voiture en possession de Uq:iene il pariissait impossible de rentrer . I .

D ne restait qu'une lieue un quart jusqu'à Veroli. une liese de route assez belle, mais toute montante. Pauline à chev;!!. mci à pi«>d près d'elle, les autres en voiture. t*t coas arrîTim*?, Pauline et moi. prwêdant notre >.i:te. Tc^s îes kibîtjLnts se tenaient sur leurs portes: c'ï'tJLÎezt les pr*Ei:ers qae sous approchions depuis tr^b ;: wT^. -ft ce fut vnim^a: ^r:-? jouissarsce que cel!e de n:»u5 tr:ur?r p^irtn: des h v^i^a-ss qui n'avaient pas abjuré i rs>tr>* -fc-uri !c-3t sectiriexit humain et ne se comportaient pds de miruère i le faire pjrire à nos troupes. Dtaîh,

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