‹ Mémoires du général Dirk Van Hogendorp, comte de l'empire, etcChapitre 30 sur 32 · MONSEIGNEUR · texte numérisé non relu

MONSEIGNEUR

Comme votre Excellence vient de recevoir maintenant des ordres, pour l'évacuation de cette place, et le retour du corps d'armée qu'elle commande en France, je prends la liberté de lui représenter: que le plus grand nombre des officiers, Hollandais de naissance, qui se trouvent ici, ayant déclaré comme moi: que setrour

vaut déliés y par Vàbdication de T empereur Napoléœij du serment quHls lui avaient prêtés, Us désirent retourner dans leur patrie. Et que sans doute les sous-officîers et soldats Hollandais pensent de même, et s'expliqueront dans ce sens, dès qu'on leur en donnera la liberté, il me paraît qu'il ne peut exister aucun obstacle pour leur accorder cette juste demande.

Il est bien certain et notoire que la Hollande ne fait , et ne fera plus partie de la France , et est même déjà reconnue, par les puissances de l'Europe, comme un état indépendant.

De-là il résulte évidemment que les Hollandais ne peuvent être forcés à servir une puissance étrangère, et que ceux qui, par suite de la réunion de la Hollande avec la France, ont été incorporés dans l'armée Française ont le droit de demander d'être rendus à leur patrie.

n me paraît aussi évident, que même le gouvernement Français ne peut vouloir pour aucune raison la garder à son service, et qu'ainsi son intérêt est d'en être débarrassé le plutôt possible.

En conséquence je prie V. E. de vouloir prendre des arrangemens pour faire réunir tous les Hollandais de naissance, officiers, sous-officiers et soldats de toutes armes , en un seul détachement , de leur faire payer leur solde, et de tout ce qui leur est dû, et me les faire remettre, pour que je puisse les conduire en Hollande à notre Souverain.

Nous conserverons tous un sentiment profond de l'honneur que nous avons eu d'avoir fait partie de cette brave armée qui a cueilli tant de lauriers et tant de gloire, mais les grands événements qui ont eu lieu, ayant rendu notre patrie à une existence indépendante, elle nous rappelle dans son sein, et notre amour pour elle nous prescrit le désir d'y retourner dès que nous le pouvons.

J'ai l'honneur d'être etc.

(Signe) Le Général Comte de Hogendorp.

No. 13.

Hambourg, le 6 Mai 1814.

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