RÉ
du général Rapp^ 357
Réponse^
Sulmiti, lé i5 jtiiri i8i5,
.J*ai reçu la lettre que TOtre excellence ma fait Thouneur de m'écrire en date du 14 juin, et je dois lai avouer avec franchisé que je ne puis trop m'etpliquer les motift des mesentendus qui existent relativement à Texécution littérale des articles de la trêve*
Ce traité ayant détenniné des bases fixes pour éviter tout sujet de contestation, il me semble quil serait infiniment plus simple et plus naturel de s'y tenir en* tièrement. J'avoue à votre excellence que c'est avec une véritable peine que je consens à m'en écarter d'après sa proposition. Il me semble que, j»ar cet arrangement qu'elle désire, nous outre ^ passons d'une certaine manière tous deux nos pouvoirs , et qu'il vaudrait beaucoup mieux de régler entre nous le rayoA de neutralité d'après le sens littéral de l'armistice* Cependant, pour éviter toutes discussions UltérieureSf je consens, d'après ââ proposition, de laisse!^ les clioses ^r le pied actuel; j'ordonnerai même aux cheft dé mes avant*poëte8 dé s'entendre ateé les vôtres pour faire quelques arrangements qui pourront liii être agréablel relativement à mes vedettes et â mes piquets^ pour empêcher toute collision entre nos troupes légères*
Pour ce qiji Concerne l'article des subsistances, là commission rassemblée à cet effet a déjà commencé ses séances , et j'espère que M. le colonel Richemont sera bientôt en état de pouvoir lui annoncer que cet article a été définitivement réglé* '
/Î58 Mémoires
Qaantàce qui regarde les deux officiers que votre excellence voudrai V envoyer auprès des commissaires destinés à ré^er définitJTement toutes les difficultés qui paraissent naître relativement aux stipulations de la trêve , je dois vous observer , monsieur le comte, que je n ai point le pouvoir de leur accorder les passeports nécessaires: Tarticle des subsistances qui sera réglé incessamment pcimettra , dans peu dé jours, a M. le capitaine Planât de se charger de cette commission«
Veuillez vous persuader au reste, mon général, qu accoutume , depuis vingt - cinq ans de service , â remplir avec une parfaite exactitude les ordres de mon souverain, j'aurais agi dune manière bien différente si j*avais consenti aux propositions qui m*ont été laites par M., le colonel Richemont, et qui s'écartaient si essentiellement des articles d'une trêve dont les expressions simples et naturelles ne laissent aucune latitude à la moindre, discussion.
Votre excellence me trouvera au reste toujours prêt à faire tout ce qui pourra lui être agréable et qui s'ac cordera avec mes devoirs* Je saisirai de même avec empressement toutes les occasions/' où j^ pourrai la convaincre que rien n'égale la ti ès-haute considération avec laquelle j*ai l'honneur d*être, etc.
Signé y ALEXANDRE, duc de Wurtemberg.
du général Rapp. 339
Lettre du duc de FFurtenibfirg, à son excellence le comte Rapp.
De mon quartier- général, le 12 juîUft i8i3y (Arrivée le 14, quoique le duc ne fiAt qu'à 2 lieues de Dantiiç^
Général,
Un courrier, qui vient de m'arrirer du quartiergénéral , m'apporte Tordre de suspendre les fournitures qui ont été faites jusqu'ici àla garnison de Dantzic. Le corps de volontaires qui se trouvait soua les ordres du major prussien Lutzovr ayant été attaqué, pendant la durée de la trêve, sans le moindre motif, an m'an^ nonce que c'est la raison qui a cause cette détermination , qui >doit avoir son cours jusqu'au moment où cette aflFaire sera réglée définitivement.
En communiquant les ordres que j'ai reçus à votre excellence, je la préviens en même temps que cette affaire, qui sera probablement bientôt réglée, ne change cependant point les autres articles de la trêve, qui doit subsister dans toute sa teneur.
J'ai Thonneur, etc.
Signée Alexandre, duc de Wurtemberg, général de cavalerie.
fléponse.
Daatzic, le i4 juillet i8i3.
Monsieur le duc,
Depuis les arrangements convenus entre nous par suite de rahnislice, j'ai vu avec beaucoup de peine •que votre altesse royale ne les remplissait pas avec Vexactitude qu exigent de pareilles conventions.
, J'ai apei^ço, dans le rel;ard de toutes les livraisons^ une guerre sourde qui détruisait par le fait l'esprit de Tarmistice* Malgré mes continuelles réclamations, on a laissé arriérer uiie grande partie des fournitures ; TOUS n'avez pas même acquitté le courant, et c'est dans cet état de choses que je reçois , aujourd'hui 14? ia lettre de votre altesse, en date du 12 juillet, qui me prévient qu'elle a ordre de suspendre les fournitures. Cette cessation a effectivement lieu depuis quatre jours, c'est-à-dire depuis le 10; et comme notre correspondance peut nous parvenir en deux heures, je ne cacherai point à -votre altesse 'avec quels sentiments je dois apprécier la différence de la date et de l'arrivée de votre dépêche.
Les conditions d'un armistice, monsieur le duc lient également les deux parties 5 et dès que l'une d'entre elles se permet d'en annuler une de$ clauses principales et des plus essentielles , Tarmistice est dès lors rompu, et elle se met en état de guerre contre l'autre: et c'est aipsi que je considère, dés 4 présent, la déclaration que vous me faites; et quoique votre altesse m'annonce que les autres articles de la trêve subsisteront, elle sentira que je ne puis recevoir de
du général Rapp. 341
pareilles . modificatiol^s que par 1^9 ordres de r mon souyerain. H ne me reste donc, plus qu à la prier de me faire sayoir si les sbi jours qui doiyent préoéd^ la reprise des hostilités coojTont du 12 À une lien]>e du matin, ou du i4 à midi.
Je dois lui déclarer, au surplus, que je la rends responsable de la rupture d'un armistice conclu enti^e nos souverains , et que je ne puis entendre à aucune explication évasire <^u après la' réception ^e tous les Tiyres qui me sont dûs. ■
Signé y comte Bapp.
Lettre du ducde\fVurtemherg au général comte Rapp.
De mon quartier-général, le i5 juillet 18 13*
Je viens de recevoir la lettre que vous m'avez écrileî et je ne/puis dissimuler à votre excellence que j'ai été plus que surpris de son contenu.
Il» serait absolument inutile de répéter encore a votre . excellence ce que MM. les* généraux Borozdin et Jeleblsow n'ont pas manqué de lui observer k plusieurs reprises, c'est-à-dire que les retards momentanés qu'a éprouvés la garnison de Dantzio dans son ravitaillement n'ont été ^easionés que- parce que l'arrangement proposé et damandé par votre excellence, de faire acheter des vivres par ses propres commissaires, a été changé subitement, ce qyi najpas
Digitizecfby VjOOQ le
manqué de produire Icts plus grands embarras, les oommissaires prussiens s*étânt excusés sur le dénûment total des proTinces limitrophes de Dantzic, qui pont déjà chargées depuis si long-temps de lapprorisionnement de mes troupes. Si, comme je Tarais déjà demandé plusieurs fois , il 7 avait eu ici , â mon quartier - général , conformétuent aux stipulations de la trêve, un commissaire français en permanence, il aurait pu se convaincre lui-même de l'embarras extrême qu^ont eu les commissaires prussiens pour se procurer les charrois et les vivres nécessaires pour le ravitaillement de la place de Dantzic, et pour l'entretien de mes propres troupes, de manière que ce n'est point l'armée formant Je blocus qui a mis des entraves au ravitaillement de la place de Dantzic. Au reste, ce n'est qu'à mon souverain, l'auguste empereur Alexandre, auquel je dois rendre compte de mes actions.
Je viens maintenant à un article beaucoup plus important, puisqu'il peut avoir des suites très -conséquentes ; car il paraît , d'après la lettre de votre excellence , quelle est décidée à recommencer les^ hostilités de sou chef, tandis que les places de Stettin et de Custria sont aussi* privées momentanément, comme Dantaie^ des fourtiitures stipulées dans 1 armistice.. J'espère «m reste qu elle fera de mûres réflexions sur ce qu'dle entreprendra; et c'est moi qui la rends responsable de tontes^ les démarches' qu'elle fera, et qui pourraient empêcher les puissances belligérantes de se rapprocher.
Je lui envoie ci- joint la copie exacte deia lettre que fai reçue de M. le commandant en chef de toutes
du général Happ. S4S
les armées, BarG]ay de Tolly; elle verr* qae. bien loin qu il soit question de recommencer les hostilités, cela m'est expressément interdit. . '
Si, malgré toutes mes observations, monsienr le général, dont au reste j'ai pns acte devant mes géné^ raux, commandants de corps, vous ne jugiez pas a propos d'attendre patiemment cpic Taffaire de la légion de Lutzow, qui a causé la suspension momentanée du raritailleniént de Dantzic , " dont les arrérages au reste ne sont que suspendus, et des au\;re8 forteresses, soit réglée à Famiable , et que tous m'attaquiez, je Touf prjouverai que mes braves Russes ne craignent les mCr naces de personne , et qu'ils sont au reste prêts à tcit^ ser leur sang pour la cause de tous les souverains et de tous les peuples.
Signé f À.L,%xATHDWù i duc dé Wurtemberg»
Réponse.
Dantzic, le 16 )uillet i8i5.
J'ai reçu la lettre que votre altesse rèjale ma fait rhonneur de m'éonre, le i5 de ce inois. Je ne revien* drai pas sur les diverses observations qu'elle me fait sur la non-exécution des conditions de l'armistice, relativement aux viirres; elles ont été constamment reproduites et toujours victorieusement refutées , et ne, présentent rien de nouveau. Le général Heudelet, que )'» envoyé à la conférence demandée par M. le
34b\ Mémoires
la trèye, les hostilités ne pourront cependant recommencer, d'après Tarticle 9, ^e six jours après le 30 jiùllel;, ce qui nous mènerait donc au 26 de ce mois; e% il serait vraiment extraordin^airQ que nous fussions les deux seuls chefs de corps sur le théâtre de la guerre qui recommençassent les hostilités.
Je suis conyaincu qu'avec un peu de patience nous aurons bientôt la nouvelle que les affaires des cabinets prennent une autre tournure. Quel serait alors le regret de votre excellence si, par une trop grande précipitation , il pourrait de nouveau naître des embarras entre les cours, dont la mienne, au reste, ^ti*a aucun reproche à se faire],^ puisquîi était bien naturel quelle usât momentanément de représailles après avoir appris la destruction du corps de Lutzow au milieu de farmistice, les hoinme ne pouvant point renaître, au lieu quil sera très - possible de fournir à )a garnison de Dantzic les ravitaillements arriérés*
Je finis ma lettre, mon général, forcé de vous faire quelques observations sur les dernières phrases de la vôtre, qui m*bnt paru extrêmement étranges! L'Europe entière , et j'ose dire la France même , connaît parfaitement les raisons qui 01^ causé la ropture de la paix signée à Tilsit. Elle connaît de même aussi le ton dictatorial dont s'est servi l'ambassadeur comte Lauriston au sein de la capitale de Pierre -le -Grand. L'auguste empereur Alexandre a dû appeler, à cette audace extrême, à son glaive; il a dû s'entourer de ses preux , ouvrir les églises saintes , et se confier au peuple généreux et fidèle qui lui a prouvé ce que peut ime nation heureuse dans ses guérets, mais qui n a "f^as balancé un instant de s'armer pour la défense de son honneur et de son souverain.
du général Rapp. 347
Pour ce qui concerne mon frère, le roi de Wurtemberg, que votre excellence appelle un des plus fermes soutiens de la cause quelle défend, je puis assurer yotre excellence quun général en chef russe ne se croit point inférieur en . aucune manière à un ro\ de la confédératiofi , puisqu'il ne dépend que de Tempereur Alexandre de m'élever à cette dignité, s'il le juge à propos, et alors je serai roi comme un autre: jy mettrai cependant une petite condition, c'est que ce ne soit point aux dépens d'aucune puissance, ni de personne.
Signé ^ Albxàitdre, duc de WûrtAnberg.