LE JOCRNAL DES DÉBATS EN 1815 ET EN
« Le règne de Bonaparte « Napoléon ne fût-il qu'un
était LE PLUS ODIEUX des op- grand guerrier, nous nous in-
probres pour quiconque est dînerions encore devant lui,
digne d'être Français. comme devant un nom sans
égal peut-être dans l'histoire;
«•Ce Corse au teint de plomb mais notre époque, qui sait
et A l'oeil de tigre, dont la être juste envers tous, ne peut
bouche n'a jamais souri qu'au oublier que c'est Napoléon
carnage! qui a dompté l'anarchie révolutionnaire, qui a relevé la
« Lorsque, le 20 mars, le France humiliée, qui a ramené
TYRAN, protégé par une solda- la religion proscrite ; que tout
tesque parjure, vint usurper ce que nous possédons en-
la place dans un palais en core aujourd'hui d'institutions
deuil et dans une capitale or- fortes et durables, le Conseil
pheline d'État, TUniversité, leCode,
c'est à lui que nous le devons ;
«• La souplesse de jarrets q^e cette centralisation éner-
avec laquelle il a grimpé si gique, que cette forte admi-
rapidement sur l'échelle du nistration qui nous a permis
Northumberland, toutes ces de survivre à tant de convul-
belles menaces de passer de sions politiques, c'est Tou-
cette vie dans l'autre, se sont vrage de Napoléon,
bornées à passer du Belléro- « Av^si nous associons'nous
Tphon sur le Northumberland, complètement au noble projet
et à déployer dans ce passage Qu'a conçu le gouvernement.
totit le talent d'un danssur I^ reconnaissance pour les ser-
DE corde. vicesrendus, Padmirationpour
le génie ^ le culte des souvenirs,
" Cet homme est un des c*est là le premier devoir des
meilleurs acteurs qui aient nationSy le signe leplus certain
paru ; LE mélodrame lui con- de leur grandeur ^ l'encourage-^
^f^AiT COMME la FARCE; IL ment le plus efficace qu'elles
PLEURAIT AVEC LA MÊBiE FACi- puisseut occorder aux grandu Lire qu'un crocodile, h vertus politiques, » .
[Journal des Débats^ juil- {Journal des Débats , mai let 1816.) • 1840.
PROGLiBliTION DU MARÉCHAL DE GROCCHT (1815).
f Soldats! l'empereur Nap(»léon vient d'abdiquer la couronne ; il a cru devoir faire ce sacrifice aux intérêts delà tranquillité de la France, que l'ennemi avait résolu de déchirer aussi longtemps qull aurait été investi du pouvoir suprême.
« Les puissances étrangères n'ont plus de motifs pour vous faire la guerre I N'ont-elles pas annoncé, dans toutes leurs déclarations, que c'était contre la personne seule de l'Empereur qu'elles voulaient agir?
« L'Empereur a abdiqué en faveur de son fils^ et les chambres l'ont reconnu empereur sous le nom de Napoléon II.
<x Quels sont maintenant vos devoirs^ soldats ?
«I D'être fidèle au nouveau chef de l'empire, comme vous l'avez été à son auguste père, de vous serrer centre vos aigles, de vous rallier tous sous les bannières nationales^ et de prendre cette attitude énergique qui déterminera l'étranger à respecter votre indépendance et à accepter les propositions de paix qui lui sont faites en ce moment par les délégués du nouveau gouvernement.
« Soldats I montrez-vous tels aujourd'hui que vous le fûtes depuis tant d'années, soyez dignes de la cause sacrée de la patrie et de la Uberté que vous avez à faire
triompher; vos efforts, voire conduite^ dans cette grande circonstance, assureront la tranquillité et le bonheur de Tempire, et une telle conquête, la plus belle de toutes celles qui vous restaient à faire, mettra le terme à yos travaux et le sceau à votre gloire. »