‹ Mémoires du Maréchal de VillarsChapitre 106 sur 130 · ViUars au Ihi · texte numérisé non relu

ViUars au Ihi

Extrait, Manich, 30 octobre 1688.

J'ay connu et j'ay été informé par ceux qui connoissent le

plus l'Électeur, de quelle manière TEmpereur, ses ministres, les maîtresses et les ministres de TÉiecteur qui sont dévoués à la cour de Vienne s'y étoient pris pour changer ce Prince et Téloigner du penchant qu'on luy a veu en dernier lieu à s'attacher à V. M.; l'Empereur, par de grandes espérances, les maltroBses par toutes sortes d'artifices, les ministres de l'Électeur par l'animer sur les affaires de Cologne. Mais ce qui a fiait le plus d'effet, c*est la terreur que les ministres luy ont donné que, quand il ne serait pas dans les interests de l'Empereur, il seroit la première

victime de la guerre On Ta donc intimidé, et ce Prince, qui ne

craint pas les périls personnels, n'a point du tout cette force d'esprit qu'il faut pour les affaires, et pour n'estre point étonné de celles dont il faut se charger pour la conduite d'un État. Enfin, Sire, tous ceux qui le connoissent m'ont asseuré que les afllairea de Cologne, les espérances que l'Empereur luy donne, la dignité de généralissime qu'on luy fait espérer, tout cela enfin l'a moins ébranlé que la crainte de toutes les affaires dont il auroit à se charger personnellement en se brouillant avec l'Empereur. Les mesmes gens sont persuadés que si on luy fait peur de notre c6té aussy, qu'il ne sera pas impossible de le ramener. Enfin tous m'y ont exhorté, et j'ay bien connu par les divers discoure qu'il m'a tenus depuis que je suis icy, d'abord fort décidei en arrivant de Vienne, ensuitte incertains sur la fausse nouvelle de la prise de Philisbourg et penchante à s'attacher aux intoreste de V. M., depuis, plus réservés par la lenteur du aiège, j'ay asseï connu qu'il est absolument nécessaire de l'étonner comme les autres Estete de l'Empire, et c'est ce qui m'a obligé, dans mes précédentes dépesches, à représenter tousjours à Y. M. que je ne voyols rien de ^i importent que d'augmenter tousjours cette terreur qui estoit répandue dans tous ces côtez-là de l'Empire.

(Orig. Arch. des AIT. étr.)

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