‹ Mémoires du Maréchal de VillarsChapitre 108 sur 130 · Le comte Kaunitz à l'empereur Léopold · texte numérisé non relu

Le comte Kaunitz à l'empereur Léopold

Analyse, Munich, 16 novembre 1688.

L'Électeur conclura une alliance et fournira un contingent de 17,000 hommes aux conditions suivantes :

lo Le projet relatif aux Pays-Bas et que l'Empereur connaît sera poursuivi;

2^ L'Empereur garantira à l'Electeur la possession de la Bavière ;

3^ L'Empereur fera connaître quels sont les moyens, les forces et les alliances à l'aide desquels il se propose de se défendre et de protéger la Bavière contre une attaque de la France.

Kaunitz trouve ces conditions captieuses : en en recevant communication, il a repondu que la loyauté de l'Empereur, H)n patriotisme, sa puissance étaient des garanties suffisantes et de l'exécution de ses engagements et des moyens dont il disposait pour défendre l'Empire : que neuf régiments seraient envoyés en Bavière, et, qu'aussitôt la paix avec le Turc conclue, toutes les forces disponibles de l'Empire seraient dirigées vers le Rhin.

Kaunitz a blâmé l'Électeur d'avoir transmis la proposition de médiation faite par Villars.

(Orig. allem. Arch. I. R. de Vienne.)

31. L'Électeur avait chargé deux de ses ministres, Schmidt et MœnnaaB (Villars écrit Mer), de conférer avec Villars : après plusieurs entretiens secrets, ils remirent à Villars un mémoire écrit que celui-ci transmit an roi : cette pièce est perdue, mais voici l'analyse que Villars en donne au Roi :

Munich, 27 décembre 1688.

Ils prétendent que c'est demeurer dans une espèce de

ntuilralitô que Tétat uù ils sont, que, l'Électeur voulant être médiateur, il ne peut montrer des sentimens favorables pour aucun dos partis, et qu'eniin, quand l'Empire est attaqué, il n'y a point de Prince qui puisse avoir une conduite plus respecluouHo que do promettre de n'avoir aucun engagement tant qu'il y aura quelque apparence à la paix et qu'il pourra y contribuer.

Du reste, pour 8e rendre chef du party catholique, ils disent qu'il faudroit que les Princes Ecclésiastiques de l'Empire fussent attaqués par les Protestants pour pouvoir former un party sur cela. Voilà, Sire, en quel état cela est

Je les ay assurés par avance que cette réponse n'estoit pas assez considérable pour empescher V. M. d'étendre ses contributions et de porter ses armes partout où on estimeroit du bien de son service de le faire

Je crois devoir encore dire à Y. M. qu'il est certain que les bons ou les mauvois succez du prince d'Orange décideront de la paix ou de la guerre dans l'Empire : je l'ay veu dans l'esprit de tout ce qui est icy attaché aux Autrichiens, et la même chose est à Ratisbonne.

Le Roi répoQdit de Versailles le 16 décembre :

La Cour où vous estes auroit bien pu s'espargner la peine

de dresser cet escrit, et il semble qu'elle ayt plustost voulu vous donner par là vostre congé que d'entrer dans aucune négociation

avec vous

(Arch. des Aff. étr.)

32. Vienne, 12 décembre 1688. Rescrit de l'empereur à Kaunitz,

lui ordonnant de demander à l'électeur de Bavière d'éloigner

Villars de sa cour.

(Minate allem. Arch. 1. R. de Vienne.}

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