‹ Mémoires du Maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 2)Chapitre 100 sur 139 · LIVRE XV BIS. - CORRIiSPONDANCE · texte numérisé non relu

LIVRE XV BIS. - CORRIiSPONDANCE

placer vos troupes en Castille, j'approuve fort la proposition que vous faites de vous rendre avec quatre divisions dans la vallée du Tage pour opérer, par l'Estramaduro, en faveur de l'Andalousie. Je vous engage à hâter ce mouvement le plus que vous pourrez.

c( M. le maréchal Jourdan vous écrit en détail sur les moyens que Ton peut tirer de Madrid et mettre à la disposition des troupes qui doivent agir dans l'Estramadure pour se porter au secours de l'Andalousie.

(( Je fais écrire au général Dorsenne, mais je ne pense pas qu'il envoie aucunes troupes pour remplacer les vôtres.

« Je reçois l'avis qu'un régiment de l'armée d'Aragon est arrivé à Cuenca pour assurer la communication avec Madrid. L'arrivée de ce régiment donne la possibilité de faire occuper parles troupes de l'armée du Centre les postes et forts sur le Tage, et de rendre ainsi disponible la division Foy. Une brigade de cavalerie de l'armée du Centre reçoit l'ordre de se porter dans la vallée du Tage, où elle sera à vos ordres. Je n'ai point encore avis du départ de Valence de la division que j'ai demandée; elle sera aussi employée à secourir l'armée du Midi. »

LE MARÉCHAL MARMONT AU MAJOR GÉNÉRAL

« Salaiiianque, le 2 mai 1812.

« Monseigneur, je reçois la lettre que Votre Altesse m'a fait l'honneur de m'écrire le 16 avril. Il est dur d'être accablé des reproches les plus anmers sans les avoir mérités. Vos instructions du 18 et du 21 février sont rédigées d'une manière si impérative, qu'elles suffiraient pour faire condamner devant un tribunal un général qui ne s'y serait pas conformé. Elles consacraient formellement le cas où l'ennemi serait en possession de l'initiative; elles disaient même : « Si lord Wellington marche avec « toutes ses troupes sur Badajoz, laissez-le aller, « rassemblez votre armée, et il reviendra bien vite. » C'est précisément ce que j'ai fait : toutes les raisons qui établissent que les divisions auraient dû rester surleTage, je les ai senties, et elles sont toutes consignées dans les lettres que je vous ai écrites : c'est donc par pure obéissance que je les ai rappelées.

(< Je ne puis donc être responsable du mauvais effet [qui en est résulté. J'ai mis mes troupes en mouvement pour Ciudad-Rodrigo aussitôt que j'ai pu avoir des subsistances pour exécuter cette opération. J'ignore par quelle magie on aurait pu la commencer plus tôt sans laisser hommes et chevaux sur la route.

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