‹ Mémoires du Maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 2)Chapitre 103 sur 139 · IV · texte numérisé non relu

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en Portugal. Non-seulement il n'a relevé aucun de mes postes, mais même il ne m'a pas encore envoyé deux des trois régiments de marche qu'il avait à moi; il m'a, déplus, déclaré qu'il lui était absolument impossible de me promettre aucun secouis pour l'avenir. Ainsi, si l'armée marche aux Anglais, il faut, pour qu'elle soit en situation de combattre, qu'elle évacue tout le pays et porte la confusion à son comble, et, si elle ne prend pas cette mesure, elle se trouve très-inférieure en nombre. D'après cela. Sa Majesté peut apprécier ma position.

« Je ne pense pas que personne ait plus de patriotisme que moi, plus d'attachement pour l'Empereur et mette à un plus haut prix la gloire de ses armes. Ainsi donc Sa Majesté peut être assurée du zèle avec lequel je seconderai le roi d'Espagne. Mais je prends acte ici que je ne puis être responsable de ses dispositions, et l'Empereur trouvera sans doute juste ma réserve lorsqu'il calculera les conséquences qui peuvent résulter de la disposition que vient de prendre le roi pour conduire trois divisions de l'armée de Portugal sur Séville par la Manche. »

Li: MOI JOSEPH Ai: MARÉCHAL MARMOM.

« Miuhi.l, le 4 in:,l i8l'2.

« Monsieur le maréchal, j'ai sous les yeux votre

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lettre du 27 avril à M. le maréchal Jourdan, et je reçois en même temps celle du major général du 16, qui me donne connaissance des lettres qu'il vous a adressées le 12 mars et le 16 avril. Je sais par un aide de camp du duc de Dalmatie que ce maréchal était le 27 avril à Séville, et qu'il avait réuni une grande partie de ses forces, conservant toutefois le blocus de l'île de Léon, Grenade, Malaga, etc., et ayant sa droite à Anduxera et sa gauche à l'ile de Léon. 11 n'avait pas encore reçu l'avis des dispositions de l'Empereur qui me confient le commandement de ses armées. Le maréchal Suchet n'avait pas envoyé la division que je lui avais fait demander.

c( Dans cet état de choses, je ne pense pas qu'il y ait autre chose à faire aujourd'hui que ce qu'il eût été à désirer que l'on eût fait avant la reddition de Badajoz, Je pense que les instructions de l'Empereur du 12 mars sont encore applical)les, et qu'il faut faire, pour la conservation de l'Andalousie, ce qu'elles prescrivaient pour Badajoz.

« Il est de fait que l'ennemi n'a fait aucune démonstration sur Lugar-Nuevo, et je crois que lord Wellington est effectivement en Portugal avec quatre ou cinq divisions, conune vous le pensez vousmême. Dans cette hypothèse, monsieur le maréchal, vous devez le contenir et l'occuper assez par des démunslrations et dos nijuvements offensifs sur l'A-

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gueda pour l'empêcher de se porter en Andalousie. Dans le cas où il ne serait plus devant vous et quil porterait ses divisions sur la rive gauche du Tage, vous vous porteriez à votre tour dans la vallée du Tage, afin de passer ce fleuve à Almaraz, et marcher, avec toutes les forces disponibles, au secours de l'Andalousie. .

ce On continue à envoyer des subsistances à Lugar-Nuevo; mais vous connaissez leur rareté. N'oubliez pas que le blé que vous devez faire prendre à Ségovie, si votre mouvemenl; se fait bientôt sur Lugar-Nuevo, est destiné à l'approvisionnement des forts de Miravete, et qu'il ne pourrait pas être remplacé jusqu'à la récolte. »

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